Meurtres de prêtres au Mexique: le Père Guerra fustige le gouvernement

Alejandro Solalinde Guerra, prêtre et défenseur des droits humains au Mexique, a exprimé son sentiment de révolte face aux assassinats d’ecclésiastiques dans le pays. Il invite ses compatriotes à se mobiliser lors des élections présidentielles du 1er juillet 2018.

Le Père Guerra a rappelé que ces cinq dernières années, 24 responsables catholiques ont été assassinés au Mexique. Il a estimé que cette situation était en grande partie due à un gouvernement en échec sur le thème de la sécurité.

Interviewé par l’agence d’information mexicaine Istmo Press, le prêtre a expliqué que le gouvernement d’Enrique Peña Nieto n’assumait pas ses responsabilités à l’égard des citoyens, puisque «des femmes, des journalistes, des défenseurs des droits humains et désormais des prêtres sont confrontés à des situations d’urgence dans ce pays».

«L’Etat veut instaurer la peur»

Pour le prêtre, considéré comme l’un des plus actifs défenseurs des migrants, «les codes de sécurité au Mexique ont été brisés. L’Etat et le gouvernement sont irresponsables, absents et n’offrent aucune protection aux Mexicains qui vivent gravement menacés, car ils ne s’occupent pas des Mexicains, mais plutôt d’autres intérêts».

Pire, le prêtre est persuadé que «cette grave situation d’insécurité est provoquée par l’Etat lui-même, pour instaurer un climat de peur».

«Ne pas avoir peur de voter»

Mais le religieux appelle ses concitoyens à un sursaut. «C’est le moment du changement, a t il souligné. Les assassinats dont sont victimes les prêtres, les défenseurs des droits humains, les femmes, les journalistes… ne sont pas le fait du hasard. Et, à travers les élections présidentielles qui se tiendront le 1er juillet prochain, j’invite les citoyens à ne pas avoir peur et à initier un changement réel et véritable».

Menacé de mort

Le Père Guerra, notamment responsable du refuge «Frères dans le chemin», dans la ville de Ciudad Ixtepec, dans l’Etat de Oaxaca, au sud du pays, a également confirmé qu’il était lui-même la cible de menaces de mort dans le pays. «Beaucoup aimeraient me voir mort, a-t-il admis, mais cela n’arrivera pas avant les élections du 1er juillet, car cela serait extrêmement grave».
Le responsable religieux a invité ses compatriotes à faire face ensembles à la violence. «N’ayons pas peur et sortons pour aller voter le 1er juillet, car nous sommes près d’obtenir un changement. Le Mexique en a besoin. Car le Mexique ne veut plus vivre dans la violence». (cath.ch/jcg/rz)

Raphaël Zbinden

Portail catholique suisse

https://www.cath.ch/newsf/meurtres-de-pretres-au-mexique-le-pere-guerra-fustige-le-gouvernement/