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apic/Suicide collectif/Juge Piller

Suisse: «Suicide collectif» de la secte du Temple solaire (061094)

La police recherche toujours le «pape»; l’un des

grands maîtres retrouvé dans l’incendie de Cheiry

Cheiry/Fribourg, 6octobre(APIC) A l’heure qu’il est, les polices de plusieurs pays – dont la Suisse et le Canada – sont toujours à la recherche du

«pape» de la secte «Ordre Tradition Solaire», dont le «suicide collectif» a

entraîné dans la nuit de mardi à mercredi la mort d’au moins 48 adeptes de

ce mouvement ésotérique aux Granges-sur-Salvan, dans le Valais, et à Cheiry, dans le canton de Fribourg. La police révèle qu’au moins l’un des sept

«grands-maîtres» de cet ordre d’obédience soit «néo-templière» soit lié à

la «Rose-Croix éternelle» a trouvé la mort à Cheiry.

Si l’un des grands maîtres de cette secte mystérieuse a été retrouvé

parmi les 23 cadavres de la ferme des Rochettes à Cheiry – il était reconnaissable à sa cape noire – a précisé André Piller, le juge d’instruction

itinérant du canton de Fribourg chargé de l’enquête, l’on ne sait pas si le

gourou est parmi les victimes. Le juge fribourgeois ne veut pas préciser si

l’une des deux personnes recherchées est le fondateur de la secte, le médecin homéopathe de nationalité belge Luc Jouret, connu en France et en Suisse romande pour ses conférences publiques mélant médecine et doctrines spirituelles.

Une action planifiée de longue date

Il semble en effet que toutes les personnes présentes sur les lieux du

drame n’ont pas péri et que quelqu’un aurait pu prendre la fuite. Mais le

juge Piller continue toujours à parler – en l’état actuel des choses – de

«suicide collectif», malgré le fait que certaines des victimes avaient les

mains attachées par des cordelettes et que vingt d’entre elles portaient

des blessures par balles à la tête. 10 d’entre elles avaient un sac en plastique sur la tête fixé autour d’un cou avec une cordelette. 52 douilles de

type 22 long rifle ont déjà été retrouvées.

D’autre part, la seule installation de mises à feu sophistiquées pour

faire disparaître (des bouteilles de gaz butane et des réservoirs d’essence

étaient disposés de sorte à faire disparaître dans un cataclysme toutes

traces du massacre) a dû prendre une bonne journée, estime un spécialiste

en matière de lutte contre le feu. L’action était donc planifiée de longue

date. Notons que les enquêteurs n’ont pour le moment pas trouvé de drogue

sur les lieux. Ni d’explosifs d’ailleurs. La secte ne faisait pas l’objet

d’une surveillance particulière de la police.

Un culte proche des cérémonies catholiques ?

Sur les lieux, les enquêteurs ont trouvé des textes liturgiques pour les

cérémonies de la secte, textes de chants et partitions de musique. Dans les

brochures trouvées dans les salles secrètes où 19 cadavres étaient disposés

en cercle, la tête vers l’extérieur, on trouve des symboles religieux, comme une croix aux branches d’égale longueur, dont les sommets sont ouverts

vers l’extérieur, genre croix ancrée.

Selon le juge Piller, cette secte issue du christianisme lit également

la Bible, et a «des rites qui rappellent fortement ceux de la religion catholique». Il précise qu’avant de mourir, les adeptes ont pratiqué la cérémonie de la communion et possédaient des objets de culte comme un calice,

de l’encens, une sorte d’îcone de la Vierge. D’après les documents retrouvés, on peut en déduire que les adhérents de cette secte apocalyptique considéraient que le monde étaient en plein déclin; le «grand-maître» avait

déjà évoqué le «dernier jour».

Une loge encore active à Genève ?

Même s’il n’est pas spécialiste des sectes, le juge André Piller a précisé mercredi soir à la presse que la secte «Ordre Tradition Solaire» est

dirigé par une sorte de «pape», entouré d’un «Conseil spirituel» composé de

sept «grands-maîtres». La secte a connu plusieurs loges, et la seule qui

est encore active – des problèmes semblent avoir surgi ces derniers temps

au sein des adeptes – serait celle de Genève. Il existe encore en Suisse

certains lieux de rencontre où l’on peut acquérir la première étape d’initiation, comme à Genève, d’autres le deuxième degré.

A Cheiry et les Granges-sur-Salvan auraient été des lieux où l’on pouvait acquérir le troisième degré de la secte. Mais le juge Piller ignore la

structure de la secte, même s’il précise que l’un des grands-maîtres habillé de noir se trouvait au milieu des victimes trouvées à Cheiry, 22 adultes

(12 femmes, 10 hommes), âgés de 18 ans à 72 ans, et un enfant d’une dizaine

d’années. Les victimes sont actuellement autopsiées et toutes les identités

ne sont pas encore connues. Il y a toutefois parmi eux sept personnes domiciliées en Suisse (six dans le canton de Genève et une à Montreux), cinq

Français et quatre Canadiens. On ne connaît pas encore la nationalité des

sept autres. (apic/be)

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