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apic/Synode / 6 octobre

Rome: Synode des évêques sur la vie consacrée (061094)

Regards contrastés du Nord au Sud et de l’Ouest à l’Est

Rome, 6octobre(APIC) D’une séance plénière à l’autre, les regards portés

sur la vie consacrée par les participants du Synode des évêques varient beaucoup. Les accents, parfois, se diversifient selon les continents: du Nord

au Sud et de l’Ouest à l’Est, les problèmes, les sensibilités et les possibilités ne sont pas les mêmes. Mais peut-être cet univers de contrastes

n’est-il pas seulement l’effet du hasard?

Que l’on la regarde du point de vue de l’Eglise ou du point de vue de la

société, «la vie consacrée doit apparaître comme un monde de contraste»; le

grand danger serait qu’elle fasse seulement figure d’»appendice»! Ces images viennent d’un homme qui s’exprime «au nom de l’Union des Supérieurs Généraux»: le Père Juan Manuel Lasso de la Vega y Miranda, supérieur général

des Rédemptoristes. Il insiste sur le «contraste» pour éviter une séparation fatale entre la passion pour Dieu et la passion pour l’homme. Il propose une formule réconciliatrice: «Les religieux donnent tout à Dieu pour

vivre un amour irréversible pour les pauvres.» Dans la vie consacrée,

«l’option pour les pauvres n’est pas seulement stratégique; elle est spirituelle!» C’est donc du coeur de la spiritualité que surgit l’appel à la

«mission». Qui oserait parler d’un «appendice»?

Mêmes accents chez le Père Camilo Maccise, carme déchaux argentin, qui

ne veut pas qu’on considère la spiritualité comme «quelque chose qui précède l’action et en serait séparé». Pour lui, «les voeux religieux instaurent

une relation nouvelle avec la société, avec l’homme, avec la femme, avec

les biens matériels». La vie consacrée entraîne ainsi à «une attitude permanente d’exode et de conversion», à «un style de vie alternatif et prophétique de communauté de vie et de prière, sous le primat de la Parole de

Dieu, dans la proximité avec les frères et les soeurs, insérés dans la culture avec l’assurance donnée par l’Esprit».

Entre la crise et la source

Comment la vie consacrée ne serait-elle pas aussi bigarrée que l’Eglise

elle-même? C’est, en quelque sorte, «la communauté primitive à l’état pur»,

selon le cardinal Joachim Meisner, archevêque de Cologne, pour qui la vie

consacrée est avant tout «expérience de Jésus-Christ». En ce sens, «les religieux sont les troupes de choc de l’Eglise», affirme même Mgr George Biguzzi, évêque de Makeni en Sierra Leone.

Raison de plus pour insister sur des relations de qualité entre les instituts religieux et les évêques: «la vie consacrée ne se construit pas en

parallèle avec l’Eglise», dit Mgr Joseph Duval, archevêque de Rouen et président de la Conférence épiscopale française. Sans faire de l’évêque un super-responsable d’instituts religieux, il considère que l’évêque se doit de

veiller à la vitalité de la vie consacrée où «c’est la mission qui est première», conformément à la vocation même de l’Eglise.

A cette fin, il faut favoriser les échanges à différents niveaux entre

les assemblées d’évêques et les confédérations d’instituts religieux, suggère Mgr Peter Joseph Connors, évêque auxiliaire de Melbourne en Australie.

Des relations tendues entre évêques et religieux ne peuvent que rejaillir

en «contre-témoignage», estime Mgr Martin Luluga, évêque de Gulu en Ouganda. Mgr Louis Ncamiso Ndlovu, Servite de Marie et évêque de Manzini au Swaziland, appuie son confrère africain et précise «un problème important:

dans la majorité des diocèses, le clergé religieux dépasse en nombre le

clergé séculier; les évêques ont donc le sentiment de ne pas réussir à contrôler directement les activités pastorales de leur propre diocèse». Il

souhaite, en outre, que les religieux missionnaires ne se retirent pas sans

concertation avec l’évêque sur l’évolution d’un diocèse et de ses moyens.

Mais à en croire les évêques de certains diocèses, la «vie consacrée» y

est en plein déclin. Pour Mgr Franciscus Jozef Marie Wiertz, évêque de Roermond, la «crise de la vie religieuse» est telle aux Pays-Bas que la vie

consacrée semble devenue «vide de sens». Mgr James Clifford Timlin, évêque

de Scranton aux Etats-Unis, n’est pas loin de lui emboîter le pas quand il

ironise: «Le moins que l’on puisse attendre de quelqu’un qui se dit religieux est qu’il soit, et c’est un euphémisme, un catholique pratiquant!»

«Regardez donc vers l’Est», vers le monachisme oriental qui fut «le berceau de toute la vie consacrée» leur lance alors Mgr Stephen Sulyk, archevêque métropolite pour la communauté ukrainienne à Philadelphie aux EtatsUnis. Il relève «une splendide augmentation des vocations dans les ordres

contemplatifs», ainsi que «chez les Missionnaires de la Charité de Mère Teresa».

Mgr Tadeusz Kondrusiewicz, administrateur apostolique pour l’Eglise catholique de rite latin en Russie, y constate, lui aussi un «réveil de la

vie religieuse et monastique». Il y voit un apport «essentiel» pour une

«nouvelle évangélisation» et considère que «l’avenir du monde et de la Russie dépend de la profondeur spirituelle».

Mgr Isidoros, moine du monastère St-Jean à Patmos et évêque orthodoxe de

Tralles, invite ses auditeurs catholiques, au nom du Patriarcat oecuménique

de Constantinople, à apprécier l’apport de l’Orient dans toute son étendue.

Il notre que «l’Eglise romaine a été fortifiée à des époques critiques et

continue de l’être considérablement» par les «fruits» de l’Eglise orthodoxe. Celle-ci tient beaucoup à la vie monastique: «elle l’a nourrit et la

soutient parce qu’elle s’en nourrit et s’en soutient». (apic/jmg/fs)

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