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Rome: tour d’horizon de la planète (041094)

au Synode des évêques sur la vie consacrée

L’assemblée plénière suit son cours

Rome, 4octobre(APIC) Après la présentation d’ensemble du cardinal Hume

(Westminster), rapporteur général du Synode sur la vie consacrée, le tour

d’horizon de la planète a commencé mardi à Rome. Les interventions des premiers jours font apparaître la diversité des regards. Les membres à part

entière du Synode des évêques ont chacun 9 minutes pour s’exprimer. Les autres, auditeurs et auditrices ou experts, n’ont que 6 minutes.

« Il y a des tensions. Aux évêques de les assumer et d’en chercher les

causes », propose le cardinal Joseph Louis Bernardin, archevêque de Chicago.

Parmi les tensions, il cite la « vie communautaire », coeur de bien des formes de la vie consacrée. Et parmi les remèdes, il insiste sur le « dialogue

respectueux ».

Si les évêques tiennent à apaiser les tensions, les religieux et les religieuses, de leur côté, en appellent la confiance, et cela « de la part même de l’Eglise qui leur demande de se renouveler », souligne Mgr Leonard A.

Boyle, évêque de Dunedin, en Nouvelle Zélande. La confiance, ajoute-t-il,

est capitale dans une phase de « transition difficile » comme aujourd’hui. La

vie consacrée attend du Synode « une déclaration vivifiante et encourageante, sans restrictions inutiles ».

Communion et autonomie

Mgr Javier Lozano Barragan, évêque de Zacatecas, au Mexique, propose une

manière de résoudre les tensions excessives : le « charisme » propre à toute

vie religieuse, précise-t-il, « mérite le respect », mais doit aussi servir

« la convergence de l’unité diocésaine pour en garantir la nature ecclésiale ». Cette garantie, Mgr Jean Bonfils, évêque de Viviers (France), la voit

dans la mise en place de la « Commission mixte » de dialogue prévue par le

Concile entre les religieux et les évêques. Des directives avaient normalement été données en ce sens en 1978. L’action d’une telle Commission serait

bienvenue « notamment pour les jeunes Eglises » où, plus que partout ailleurs, peut-être, il convient d’assurer « le respect de la mission spécifique des évêques vis-à-vis de la vie consacrée et de la juste autonomie des

Instituts et Sociétés, autonomie reconnue par le droit, et non concédée occasionnellement par la hiérarchie ».

Un franciscain, Mgr Bernardo Filipe Governo, évêque de Quelimane, au Mozambique, appuie d’une nuance supplémentaire le souci des bonnes relations

entre les évêques et les personnes consacrées. Le problème, dit-il, ne

vient pas « du grand trésor que sont les charismes », mais de « quelques disciples aventuriers, de saints charismatiques ». Et de citer un exemple : « En

s’appuyant sur le pouvoir économique et sur l’astuce humaine, de nombreuses

personnes créent leur petite paroisse et leur petit diocèse en dehors de

l’Esprit et des orientations fondamentales de l’Eglise, du programme et de

la pensée de l’évêque diocésain. »

Confiance et visée prophétique

Le besoin de confiance est tout aussi accentué dans l’assemblée synodale. Plusieurs l’associent d’ailleurs au souhait d’une percée « prophétique »

de l’engagement des religieux. Mais qu’entend-on par « prophétisme » de la

vie consacrée? Mgr Hubert Constant, évêque de Fort Liberté en Haïti, supplie ses collègues de le préciser. Car, dit-il, « trop souvent, on voit des

religieux et des religieuses sincères ne pas oser s’aventurer sur un terrain qu’ils estiment dangereux; d’autres, au contraire, se hasardent sur

des chemins minés, sans repères suffisants; ils souffrent de se sentir incompris, deviennent amers et, à la limite, risquent de s’égarer tout bonnement. » D’autre part, indique encore cet évêque haïtien, « les religieux et

religieuses engagés à la pointe du combat pour la justice et la paix sont

parfois mal à l’aise entre les directives prudentes, à juste titre, du magistère, et les exigences immédiates des situations concrètes ».

Autre son de cloche chez Mgr Kevin Dowling, évêque de Rustenburg (Afrique du Sud), qui voit surtout un « avenir » pour la vie religieuse « vécue

comme engagement direct dans les questions critiques de notre époque, et

seulement si les personnes consacrées s’engagent à faire percevoir le Règne

de Dieu, tout particulièrement là où Dieu semble absent ». Il poursuit:

« L’Eglise ne devrait jamais perdre de vue les questions sociales urgentes ».

« Le charisme prophétique » des religieux « devrait s’exprimer dans une claire

option pour les pauvres », autant que dans les efforts, par exemple, « pour

africaniser l’Eglise ».

Mgr Pierre Eyt, archevêque de Bordeaux, ne craint pas de proposer à tous

un « examen de conscience » sur certains points. Par exemple: les évêques

n’ont-ils pas tendance à considérer les religieuses de leur diocèse comme

le pendant féminin de leur corps de prêtres? Quoique involontaire, ce serait une manière de renier le charisme propre de la vie consacrée. L’archevêque en appelle donc au concours de tous pour soutenir les personnes engagées dans la vie consacrée et encourager leurs charismes originaux. Le fait

que le renouvelemnet de la vie consacrée est loin d’être assuré dans tous

les insituts peut être un signal mobilisateur. Alors que beucoup de religieuses montrent un attrait pour de nouveaux mouvements spirituels, « comment accueilir cet appel et maintenir la singularité de la vie religieuse? ». (apic/jmg/mp)

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