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Strasbourg: le Parlement européen vote une résolution (021094)
critiquant le rôle du Vatican à la Conférence du Caire
L’»Osservatore Romano» réagit
Strasbourg, 2octobre(APIC) Le Parlement européen a vivement critiqué le
rôle du Vatican et des «fondamentalistes musulmans» lors de la récente Conférence du Caire sur la population et le développement. La résolution du
Parlement, adoptée jeudi par 222 voix contre 168, estime que la question de
l’avortement telle qu’elle a été «posée par le Vatican et les intégristes
musulmans, a réussi à détourner le débat lors de la Conférence du Caire, en
négligeant une réflexion plus approfondie sur les questions du développement et de la surpopulation». Le journal du Vatican «L’Osservatore Romano»,
dans son édition de samedi, a réagi immédiatement en qualifiant la résolution votée par le Parlement européen «d’incompréhensible, surprenante et
gênante».
Des membres du Parlement européen, avant le vote final, sont intervenus
vivement dans le débat sur cette question controversée. C’est ainsi que
Carlo Casini, démocrate-chrétien italien, a critiqué la résolution comme
«la forme la plus radicale de l’individualisme». Pour lui au contraire, le
Vatican, au Caire, a appelé à «la solidarité pour les femmes et les hommes
du tiers-monde». Enrico Ferri, député du petit parti social-démocrate italien, a aussi condamné la résolution la qualifiant «d’hypocrite» et a ajouté qu’au Caire le Vatican «avait fait preuve de courage pour promouvoir les
valeurs humaines fondamentales»:
Les reproches de députées à l’attitude du Vatican
Par contre, pour Nel Van Dyck, du parti des Verts des Pays-Bas et présidente du Comité des droits de la femme au Parlement, la résolution du Parlement a bien fait de citer l’attitude du Vatican. Cette évocation est «appropriée». La députée a trouvé «scandaleux» le rôle du Vatican dans cette
affaire. Dans son intervention, elle a accusé le Saint-Siège d’avoir fait
de la «désinformation», avant la réunion du Caire, en prétendant que cette
Conférence accepterait l’avortement comme moyen de contrôle des naissances.
«L’avortement n’est pas une méthode de contrôle des naissances, mais l’on
doit pouvoir y recourir en dernier ressort», a-t-elle dit. De son côté,
Lissy Gröner, porte-parole socialiste allemande pour les questions concernant les femmes , a déclaré que la résolution finale du Parlement européen
représentait «une politique plus responsable que les politiques extrémistes
du Vatican et de certains Etats islamiques».
Selon la résolution du Parlement, l’avortement ne devrait pas être considéré comme un moyen de contrôle des naissances, mais «dans certaines circonstances», il devrait être reconnu comme un «problème de santé publique».
Durant le débat sur la résolution, de nombreux politiciens ont déploré
le fait qu’au Caire le problème de l’avortement ait éclipsé les questions
plus générales de population et de développement. Pourtant, à la fin, la
résolution du Parlement européen a connu le même sort. Alors que les socialistes, les verts, les libéraux, les communistes et les députés issus des
anciens partis communistes se sont prononcés en faveur de la résolution,
les députés démocrates-chrétiens et ceux de petits partis de droite ont voté contre.
Riposte de l’»Osservatore Romano»
Pour l’»Osservatore Romano» de samedi, «l’affirmation, reprise par le
Parlement européen, selon laquelle le Vatican aurait négligé une réflexion
plus approfondie sur les questions de développement et de la surpopulation,
est fausse. Au contraire, le Saint-Siège a constaté avec force et à plusieurs reprises que le document final n’a pas donné assez de place aux problèmes de la population».
Le journal du Vatican déplore le fait que la résolution du Parlement européen semble «reprendre une orientation individualiste. L’Europe de la
culture, l’Europe des valeurs et de la civilisation, l’Europe des religions
et de l’Esprit n’est sûrement pas représentée dans cette majorité relative
du Parlement européen, qui a souscrit à cette résolution gênante».
«Il est dommage enfin de constater qu’on identifie la position du SaintSiège avec les intégristes musulmans sans se rendre compte que dans la résolution soutenue par le Saint-Siège au Caire, il y avait aussi un consensus avec d’autres Etats européens et par des gouvernements qui n’ont pas de
population islamique», conclut l’»Osservatore Romano». (apic/eni/cic/ba)
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