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Etats-Unis: les évêques dénoncent une «culture de violence» (281194)
Washington, 28novembre(APIC) «Aucune nation sur terre, hormis celles qui
sont en guerre, n’a un comportement aussi violent que le nôtre, dans nos
maisons, sur nos écrans, dans nos rues»: réunis en assemblée à Washington,
les 283 évêques des Etats-Unis ont dénoncé la culture de violence dans laquelle baignent 250 millions d’Américains, dont 60 millions de catholiques.
Les chiffres sont là: entre 1979 et 1991, 50’000 enfants – 13 par jour ont été tués par balles aux Etats-Unis, soit autant que de soldats U.S. durant la guerre du Vietnam, constatent les évêques dans une lettre pastorale. Les jeunes sont particulièrement menacés: dans certaines communautés,
les adolescents disent «si je suis adulte» (et non «quand») et «prévoient
leurs funérailles au lieu de préparer leur avenir», relèvent les évêques,
qui mettent en cause l’exaltation de la violence dans les médias, la musique, les jeux vidéo, la banalisation des armes, la drogue et les gangs,
mais aussi le climat familial, le ton des campagnes politiques, le dénigrement de la femme par la pornographie.
Les évêques opposent à cette violence «une approche de la vie qui donne
valeur aux personnes plus qu’aux choses», invitant à «une révolution morale
pour remplacer une culture de violence par une éthique renouvelée de justice, de responsabilité et de communauté». Au-delà des frontières partisanes
– les remèdes proposés tant par la droite que par la gauche ont échoué,
disent-ils -, ils demandent de «faire face simultanément au déclin de la
vie familiale et à la disponibilité toujours plus grande d’armes mortelles,
au piège des gangs et à l’esclavage de la drogue, à l’absence d’avenir et à
la perte des valeurs morales».
Au lendemain du retour au Congrès d’une majorité républicaine, les évêques s’inquiètent aussi de la politique financière du parti républicain
concernant les prestations sociales publiques. Newt Gringrich, chef de la
fraction républicaine à la Chambre des Représentants, a déjà demandé que
l’Etat limite ses prestations financières à deux mois et exerce un contrôle
accru sur les organisations d’assistance publique.
L’Etat, a souligné Mgr John Ricard (Baltimore), a l’obligation de se
porter garant de chaque citoyen, spécialement ceux dont les revenus sont en
dessous du minimum vital. Les enfants ne doivent surtout pas avoir à souffrir des diminutions de crédits en cours.
Un message sur la place de la femme
Les évêques ont également adopté un bref message au titre significatif:
«Renforcer les liens de la paix», sur le rôle des femmes dans l’Eglise et
dans la société, le premier depuis que le pape a rappelé en mai dernier que
le sacerdoce est réservé aux femmes. «Nous reconnaissons, écrivent-ils,
cette réaffirmation claire de l’enseignement de l’Eglise comme un service
pastoral à l’ensemble de l’Eglise et nous acceptons que ce jugement soit
tenu pour définitif par le peuple de l’Eglise». Regrettant que le sexisme
existe encore chez certains membres de l’Eglise, ils s’engagent à explorer
d’autres façons pour les femmes d’atteindre des postes de responsabilité
dans l’Eglise, où elles exercent 85 % des fonctions non sacerdotales, mais
seulement 19 % des postes de responsabilité.
Dans un souci d’apaisement, le message, adopté par 228 voix contre 10, a
éviter de dénoncer un «féminisme radical», amendement proposé par plusieurs
évêques. «Je ne suis pas totalement satisfait, mais c’est tout ce que nous
pouvions faire», a expliqué Mgr Weakland, archevêque de Milwaukee. Pour le
Père Reese sj, les évêques veulent, après l’échec, malgré neuf ans de consultations, de leur lettre pastorale sur la femme (1992), «avancer et surtout de ne pas utiliser des mots qui remettent le feux aux poudres.»
Les évêques ont également approuvé de nouvelles directives pour les institutions catholiques de santé, rendues nécessaires pour l’évolution des
techniques médicales et les alliances économiques que certains hôpitaux
catholiques sont obligés de contracter avec d’autres partenaires. (apiccip/mp)
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