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apic/Consistoire/ Jean Paul II

Rome: Jean-Paul II crée 30 nouveaux cardinaux (271194)

Des cérémonies hautes en couleur et en symboles

Rome, 27novembre(APIC) Parmi les 29 prélats présents samedi dans l’aula

Paul VI pour y recevoir des mains du pape Jean Paul II les insignes de cardinal, c’est Mgr Vinko Puljic, archevêque de Sarajevo qui a eu droit à la

plus forte ovation à l’applaudimètre. Des 30 nouveaux cardinaux, seul le

dominicain français Yves Congar n’avait pu faire le déplacment de Rome,

pour raison de santé.

Dans le discours du pape, la signification de la nomination du Belge Mgr

Jan Schotte, a été la plus appuyée: l’appel à la dignité cardinalice du secrétaire général du Synode des évêques, a dit Jean- Paul II, est à considérer, au-delà de la reconnaissance envers la personne, comme une nouvelle

étape du renforcement du caractère synodal de l’Eglise, dans laquelle se

reflète la collégialité de tout l’épiscopat.

Un gouvernement de l’Eglise plus collégial, c’est en effet l’accent dominant que le pape a voulu imprimer à l’Eglise en choisissant les 30 nouveaux cardinaux: «Dans sa composition actuelle, a-t-il indiqué, le collège

cardinalice manifeste de façon très significative l’unité et l’universalité

du peuple de Dieu et, surtout ces dernières années, il s’est enrichi par la

présence en nombre croissant d’évêques de nombreux pays de tous les continents».

Soixante cinq pays sont en effet représentés dans ce «sénat» de l’Eglise

qui conseille le pape lors des grandes décisions et dont les membres âgés

de moins de 80 ans sont appelés à élire son successeur. «La dimension collégiale est essentielle et constitutive de l’épiscopat. (…) Elle vit aujourd’hui un moment particulièrement heureux, car on retrouve son authenticité et on lui reconnaît de nouvelles possibilités.»

Ce nouveau potentiel, pour le pape, est en particulier dû aux moyens de

communication: «La communion, la collégialité et la communication vont de

pair: la communion au service de la collégialité et la collégialité au service de la communion». Le collège des cardinaux, grâce aux meilleures possibilités de communication et de rencontres, développe aujourd’hui de manière plus suivie et plus efficace les services qu’il rend.

Une attention spéciale pour le Liban

Les nouveaux cardinaux se sont adressés au pape par la bouche du «premier» d’entre eux, le patriarche maronite libanais Nasrallah Pierre Sfeir.

A la différence de ses collègues et conformément aux usages de l’Eglise

orientale, il était revêtu d’une longue tunique souple de couleur rouge

prolongée d’un capuchon qui lui coiffait la tête. Remarquant que le pape

«s’est dépensé jusqu’à l’épuisement», le cardinal Sfeir a constaté que cela

lui a valu «l’admiration et la vénération du monde entier». C’est «grâce à

ce combat de la foi» que «le monde a pu assister à un changement radical en

Europe», a-t-il ajouté, avant de lancer un appel pour le Liban.

Pour lui, le «geste de bienveillance» du pape de le nommer cardinal est

très significatif: il veut dire que «justice doit être faite à ce pays pour

qu’il recouvre ce à quoi il a droit: son indépendance, sa souveraineté et

son pouvoir de libre décision».

Après ces échanges de discours, les nouveaux cardinaux ont juré, leur

«fidélité à leur vocation de pasteur dans une collaboration totale et généreuse avec le Siège apostolique». Ils reçoivent la responsabilité d’un

«service exigeant à rendre avec le plus entier dévouement jusqu’à l’effusion du sang, comme le montre bien la couleur rouge de leur habit», a précisé le pape.

Le serment est suivi de la remise de la barette. Le pape assis sur son

siège pose sur la tête de chaque cardinal agenouillé devant lui, à la manière d’un couronnement, le fameux couvre chef rouge. Le pape remet ensuite

au nouveau promu sa bulle de création de cardinal sous la forme d’un rouleau de papier qui indique son titre, chaque cardinal étant titulaire d’une

église de Rome ou de sa région.

Après cette séance publique, qui n’est pas une messe, le Consistoire

s’est poursuivi dans l’après-midi du samedi, par des visites de courtoisie

où chacun des nouveaux cardinaux a reçu sa famille, ses amis et relations,

dans une des salles du Vatican.

l’anneau cardinalice signe de communion avec le siège de Pierre

Le lendemain dimanche, dernière étape du Consistoire, une messe pontificale a eu lieu dans la basilique St-Pierre. Dans son homélie Jean Paul II a

situé la création des nouveaux cardinaux dans la perspective de «l’Avent»,

car l’Eglise se prépare à l’avénement définitif du Christ avec le Jubilé de

l’an 2000. Le pape a appelé l’Eglise à veiller. «Dans l’Eglise, le cardinalat lui-même est un signe particulier de cette vigilance (…) et si aujourd’hui l’évêque de Rome vous appelle (…) il désire de cette façon appeler toute l’Eglise à la vigilance.»

A la suite de l’homélie, chaque cardinal s’est à nouveau approché du pape pour recevoir l’anneau cardinalice, une bague en pierre ou en métal précieux sur laquelle sont gravées les armes du cardinal. C’est le pape luimême qui passe la bague au doigt du cardinal, à la manière des nouveaux mariés, en signe de «dignité, de sollicitude pastorale et d’une communion

plus ferme avec le siège de Pierre».

Une ovation particulière a été offerte à ce moment là à Mgr Mikel Koliqi, originaire d’Albanie et âgé de 92 ans, qui a connu 21 ans de travaux

forcés et 23 ans d’emprisonnement sous les communistes. Libéré en 1986, il

se déplace aujourd’hui sur une chaise roulante et ne pouvait dès lors donner le baiser de paix au pape. Il a fallu placer son fauteuil aux côtés de

celui du pape pour que les deux hommes puissent échanger ce geste. Une

Eglise des martyrs de notre temps que le pape a également voulu honorer

avec ce Consistoire comme il l’a rappelé lors de l’angelus qui a suivi la

messe. (apic/jmg/mp)

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