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Colombo: prévenir les conflits ethniques (241194)
Mise en garde des Eglises
Colombo, 24novembre(APIC) Les conditions – croissance de la population,
difficultés économiques et problème de la migration – sont en place «pour
d’autres Bosnie, Rwanda ou Sri Lanka, pour la destruction d’autres villes
et villages, pour le dénuement d’un plus grand nombre et pour d’autres effusions de sang». Tel est le constat dressé par la quarantaine de spécialistes réunis à Colombo, au Sri-Lanka, à l’invitation de l’Alliance réformée mondiale (ARM), de la Fédération luthérienne mondiale (FLM) et du Conseil oecuménique des Eglises (COE).
Dans plus de 50 régions du globe, la violence s’installe entre des personnes qui partagent le même sol mais sont d’ethnie, de race, de langue ou
de religion différentes. Pour les 36 participants cipants à ce colloque,
universitaires, membres de mouvements d’action sociale et représentants
d’Eglises, venus de 21 pays, les Eglises et organisations chrétiennes doivent de tout urgence accorder plus d’attention aux situations de tensions
et de conflits ethniques dans le monde.
La situation au Sri Lanka où se déroulait le colloque a été un des principaux thèmes de discussion. La tenue des élections présidentielles, au début du mois, a fait naître l’espoir d’un règlement du conflit entre la majorité cinghalaise et la minorité tamoule. La tension à Sri Lanka couve depuis les années 50, elle a déjà fait des milliers de victimes depuis 1983,
qui a marqué le déclenchement d’attaques violentes contre des Tamouls à Colombo.
Les participants ont aussi parlé des tensions ethniques et nationalistes
au Soudan, théâtre d’une longue guerre civile entre le Nord musulman et le
Sud peuplé en majorité de chrétiens et d’animistes; en Europe centrale où,
à cause de traités signés après la première guerre mondiale, des millions
de Hongrois se sont retrouvés hors des frontières de leur pays; à Fidji, où
le coup d’Etat militaire de 1987 a brisé l’harmonie intercommunautaire. Ils
ont aussi évoqué la situation en Malaisie, au Haut-Karabakh, au Nigéria, au
Rwanda, à Taiwan et dans l’ex-Yougoslavie.
Les Eglises doivent admettre leur complicité
Dans leur rapport, les participants mettent l’accent sur la complexité
et l’origine ancienne de la plupart des conflits ethniques, et reconnaissent que nombreuses sont les situations qui n’offrent aucune perspective de
règlement pacifique. Certaines Eglises chrétiennes, qu’elles se trouvent
dans le contexte de ces conflits ou à l’extérieur, ne font pas preuve de
sagesse particulière pour résoudre ces conflits. Les Eglises sont invitées
à admettre leur complicité en de nombreux cas et à se repentir.
Malgré les difficultés et les risques encourus, la foi chrétienne exige
des Eglises non seulement qu’elles aident les victimes de conflits ethniques, mais aussi qu’elles oeuvrent en faveur de la paix et de la réconciliation. Le rapport les exhorte à s’engager plus activement sur la voie du
dialogue interconfessionnel non seulement pour apaiser les conflits mais
aussi pour promouvoir l’entente et l’esprit communautaire.
Le rapport recommande également aux Eglises de collaborer avec les groupes et les mouvements, non liés aux Eglises, qui s’efforcent de résoudre
les conflits, de mettre en place des programmes d’éducation à la paix de se
familiariser avec la vie et les cultures des autres groupes. (apic/eni/mp)
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