Caritas Suisse demande d'offrir de meilleures chances aux jeunes réfugiés

Caritas Suisse demande une meilleure intégration pour les jeunes réfugiés. La Confédération et les cantons doivent investir dans des filières de formation adaptées. Ces jeunes sont très motivés pour apprendre. Chaque jour sans formation est un jour perdu, relève l’œuvre d’entraide catholique dans une prise de position présentée le 23 mai 2018 à Immensee (SZ).

Chaque jeune arrivé en Suisse devrait pouvoir atteindre le niveau scolaire de la fin de l’école obligatoire. Ce serait une très bonne base pour une formation professionnelle et une intégration réussie, estime Caritas Suisse qui gère l’accueil des réfugiés dans plusieurs cantons.

Fin décembre 2017, quelque 30’000 jeunes ou jeunes adultes réfugiés statutaires ou admis à titre provisoire, et 12’000 requérants d’asile vivaient en Suisse. Or s’ils ne peuvent pas acquérir une formation élémentaire analogue à celle de tous les enfants suisses, la plupart d’entre eux n’arriveront pas à acquérir une formation professionnelle ni à parvenir à une existence indépendante.

Pour Caritas Suisse, il s’agit donc d’améliorer les offres d’intégration pour créer les conditions d’une formation professionnelle et d’une autonomie financière stable pour ces jeunes. La Confédération et les cantons doivent veiller à ce que tous les jeunes réfugiés, jusqu’à l’âge de trente ans, puissent atteindre le niveau de la fin de la scolarité obligatoire suisse.

Investir dans l’intégration fait réduire les coûts de l’aide sociale

«Lorsqu’on est allé à l’école pendant neuf ans, on a appris les coutumes, les usages de notre pays. On trouve ses repères dans les institutions suisses, on sait se mouvoir dans ses structures sociales», souligne Hugo Fasel, directeur de Caritas Suisse. «Si l’on n’investit pas dans cette intégration, les coûts de l’aide sociale augmenteront.» Les premiers mois sont déterminants pour l’intégration. Dès le début, il faut donc évaluer les expériences et le potentiel des jeunes réfugiés et leur offrir les formations et l’éducation correspondantes.

Caritas se félicite de l’élaboration de l’Agenda Intégration décidé conjointement par la Confédération et les cantons. Cet agenda prévoit que la moitié des réfugiés adultes intègrent le marché du travail au plus tard sept ans après leur arrivée en Suisse. C’est un objectif clair.

Dans ce sens, l’augmentation notable du forfait d’intégration versé par la Confédération pour chaque réfugié est une bonne chose. Mais les cantons ne doivent pas en profiter pour financer les prestations déjà mises en place, et faire des économies sur le dos de la Confédération, avertit Caritas Suisse. Pour cela, la Confédération doit absolument accompagner les cantons par un contrôle annuel. (cath.ch/com/mp)

Caritas Suisse: Meilleures chances d’intégration pour les jeunes réfugiés

Maurice Page

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