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Rome: colloque sur l’Algérie à la Communauté de Sant’Egidio (211194)
Toutes les forces politiques concernées présentes
Bruxelles, 21novembre(APIC) Un colloque sur l’Algérie se tient lundi et
mardi dans les locaux de la Communauté de Sant’Egidio à Rome, avec toutes
les forces politiques impliquées dans le pays. Ce colloque est la première
tentative entreprise pour rassembler toutes les parties concernées en Algérie et pour établir un climat de dialogue. C’est surtout la première rencontre depuis le début de la guerre civile en Algérie, qui après la suspension des élections en 1992, continue à faire chaque jour des dizaines de
victimes.
La Communauté Sant’Egidio a joué le rôle de médiateur entre le Frelimo
et la Renamo, les belligérants en conflit au Mozambique et a pu aboutir à
la conclusion de l’accord de paix de Rome, le 4 octobre 1992, qui a mis un
terme à une lutte sanglante de 16 ans. Accord qui a mené aux premières
élections démocratiques qui viennent de se dérouler dernièrement au Mozambique.
La Communauté Sant’Egidio a invité à Rome les responsables des partis et
mouvements suivants: Front de Libération Nationale (FLN), Front des Forces
Socialistes (FFS), Mouvement de la Société Islamique (Hamas), Mouvement de
la Nahda Islamique, Parti du Renouveau Algérien (PRA), Algérie Islamique
Contemporaine (AIC), Mouvement pour la Démocratie en Algérie (MDA), Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD), Ettahadi, Parti des Travailleurs, Front Islamique du Salut (FIS), Union Générale des Travailleurs
Algériens (UGTA), Ligue des Droits de l’Homme. Il ne s’agit pas de véritables négociations de paix, mais de pourparlers informels, où toutes les
parties présentes ont l’occasion d’éclairer leur point de vue. Le vrai dialogue doit avoir lieu en Algérie. La Communauté de Sant’Egidio espère de
cette manière pouvoir contribuer lancer le processus de paix. «La Communauté de Sant’Egidio veut offrir l’hospitalité sur un terrain neutre et rendre
possible la confrontation des idées et l’échange d’informations», explique
dans une interview à «La Repubblica» Mario Marazziti, le porte-parole de la
Communauté de Sant’Egidio.
Si des représentants importants des partis politiques et de la vie culturelle, des professeurs d’universités, des représentants syndicaux et
d’anciens hommes politiques ont promis leur présence, le gouvernement et
les militaires ont refusé de prendre part au colloque, ce que regrettent
les autres participants.
Le FIS sera présent
Le FIS est lui aussi représenté et participe au colloque. Il faut toutefois regretter l’absence du porte-parole du FIS en exil, Rabath Kebir, suite à un refus allemand, motivé par les nombreuses pressions émanant des
gouvernements français et algérien. La présence du FIS au colloque est
d’une grande importance pour le dialogue (comme celle du président Zeroual
le mois dernier) parce que ce mouvement n’avait pas été invité.
Au colloque sont encore attendus Hocine Aït Ahmed, président du Front
des Forces Socialistes; le président du Mouvement de la Naha Islamique; Ali
Yahia Adbenour, de la Ligue pour les droits de l’homme, Fatima Al Aoumi,
présidente de l’Union Nationale des Femmes Algériennes; des représentants
du RCD (Rassemblement pour la Culture et la Démocratie).
Ben Bella: non à une solution militaire A côté d’Adbehamld Mehri, secrétaire du FLN, l’ancien parti unitaire, se trouve l’ancien président Ben
Bella, l’un des protagonistes de la guerre d’indépendance contre les Français et l’un des premiers dirigeants de l’Algérie après la victoire. Ben
Bella, aujourd’hui septuagénaire, est déjà arrivé à Rome en tant que leader
du MDA (Mouvement pour la Démocratie en Algérie).
«Beaucoup de gens en Algérie n’éprouvent aucune sympathie pour le FIS,
mais ne soutiennent pas non plus le gouvernement militaire», a déclaré Ben
Bella à son arrivée à Rome. Convaincu que seule une trêve entre l’armée et
le Front islamique pourra ramer le calme en Algérie, il a ajouté: «Le FIS
doit comprendre que la loi islamique ne peut être imposée à un pays qui se
trouve à la porte de l’Europe et l’armée doit à nouveau se cantonner dans
sa mission constitutionnelle, à savoir la défense de l’indépendance algérienne».
Il y a deux ans, le FIS était sur le point de gagner les élections quand
un coup d’Etat militaire a mis un terme à une timide expérience démocratique en Algérie. «D’un autre côté, il n’existe pas de solution militaire au
conflit; les groupements islamistes sont bien armés, exercent leur contrôle
sur des zones entières du territoire. (apic/jmg/ba)
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