Gutierrez
La réalité est très complexe (situation) Il y a ce conflit interreligion…
mais il y a aussi les religions qui travailent pour la paix et qui tentent
d’établir la justice qui est la base de la paix. Donc pas seulement une
source de conflit, mais aussi une source de paix et d’amitié aussi.
La religion dure et la religion douce…. Galtung
Oui, en effet…
Double langage…? Je pense que les chrétiens et les catholiques sont
engagés dans le monde , engagés dans la voie de la paix très clairement et
franchement. Double langage voudrait dire l’un est vrai l’autre est faux.
L’un est erroné et l’autre est juste. Mais il y a – c’est pour cela que je
palre d’une situation complexe…. alors ça, je le reconnais… La religion
peut-être une sorte de conflit. Mais aussi un fait, à travers pas mal de
témoignage, une recherche de la paix.
Amérique latine…. St Domingue a apporté ce que vous pensiez, d’aucins
ont dit que par rapport à Medellin, voire Puebla, un pas en arrière?
St Domigue, c’est vrai, est un document très modeste, moins prophétique
que Medellin, moins théologique peut-être que Puebla, mais c’est un document qui appelle à la conciliation, sans condamnation. Qui a amplifié quand
même ce qui est la question la plus importante, à savoir l’option préférentielle pour les pauvres. je reconnais qu’il s’agit d’un document plutôt modeste, ils ont ratifié cette option comme l’axe des lignes pastorales en
Amérique latine. Alors on peut travailler avec. Et d’ailleurs Medellin et
Puebla sont pas supprimés…
Option préférentielle pour les pauvres…. qu’est-ce qu’il y a de nouveau ces dernières années… Est-ce que vous vous sentez, en Amérique latine, davantage ou moins appuyé….?
Je pense qu’il y a plus de gens en Amérique latine, de plus en plus…
cela dépend des pays et des régions, globalement, il y a beaucoup de gens
qui s’engagent dans cette perspective de solidarité avec les pauvres. En
même temps, je crois que on approfondi aussi cet engagement, par exemple,
nous assistons aussi depuis un certain temps à cette nouvelle présence des
pauvres et parmi les pauvres, les indigènes, les noirs, les femmes… il y
a là des perspectives très riches aujourd’hui dans l’Eglise latino américaine. Je pense que cela apporte beaucoup.
Nous tâchons aussi de voir dans notre histoire qu’elle rôle ont joué les
pauvres et la solidarité…. Car un peuple qui n’a pas de mémoire est un
peuple faible. C’est la raison pour laquelle on s’est beaucoup intéréessé
aux premiers pas de la présence de l’Evangile en Amérique latine au 16e
siècle.
Donner cette mémoire est une de vos tâches…..
Oui. Et Las Casas, par exemple, j’ai beaucoup travaillé Las Casa, c’est
un grand témoin. Je dirais en passant que c’est faux, prouvé historiquement
et scientifiquement faux que Las Casas ait introduit l’esclavage noir en
Amérique latine. Mais on le dit tellement souvent… qu’il faut parfois le
dire… C’est pas vrai du tout. Il a accepté comme n’importe qui a l’époque… accepté, pas introduit, accepté l’esclavage noir. Mais trente ans
après, il a dit…. le jour de mon jugement devant Dieu, Dieu ne va pas me
pardonner d’avoir accepté. Eh bien, chronologiquement, cela veut dire que
c’est la première personne en Occident qui a parlé d’un tel esclavage noir
comme une injustice. C’est quand même paradoxal. Si on accepte pas des rétractations de personnes… saint Augustin ne serait pas saint…
Pour donner cette conscience aux gens…en Amérique latine, pour comprendre ce qu’on vit et dit aujourd’hui, il est nécessaire de réécrire
l’histoire.
En effet. C’est une part, c’est pas tout. Une histoire écrite par la
main bourgeoise et masculine… alors ça, on doit le changer. C’est un élément de la force d’un peuple. Mais pas le seul. La mémoire n’est pas suffisante. La conscience de l’actuelle situation est capitale. Tu sais, malgré
ce qu’on dit, mais probablement c’est moi qui me trompe, mais en tout cas
je crois ce que je veux dire, la situation en Amérique latine est très riche et très intéressante. Si on me demande de choisir entre optimisme et
pessimisme devant la crise actuelle, je chisirais l’optimisme.
optimisme…. j’ai de l’espoir comme être humain et comme chrétien. Vous
devez imaginer que les choses vont bien… que vous devez avoir cela pour
lutter alors je dis, je peux me tromper…. que non. C’est pas vrai. Je
pense que c’est un continent très vivant. Des communautés chrétiennes très
riches et vivantes, créatives et fécondes qui font beaucoup de choses. Je
pense qu’elles traverses un moment difficile, doulopureux…. c’est vrai…
mais douloureux ne veut pas dire que ce n’est pas intéressant riche et vital. On vit actuellement une craétivité pastorale, sociale, politique des
secteurs pauvres en Amérique latine qui je pense disent beaucoup. En même
temps, je ne crois pas au déterminisme dans l’histoire. Je ne voudrais pas
dire que c’est un processus qui est irréversible. Parce que je ne crois pas
au loix de l’histoire. Je pense que cela dépend beaucoup de ce que les gens
font… De ce que les gens puissent faire.
Théologie de la libération? Qu’est qui a évolué ces dernières années…
Des choses nouvelles ont-elles été introduites par rapport aux situations
nouvelles présentes sur le continent?
Sur plusieurs regars. Par exemple notre analyse de la pauvreté, notre
analyse sociale et économique…. cela n’a pas mal changé. La pauvreté est
toujours là et même pire. Mais depuis un certain temps déjà, nous on considère, et pas seulement les théologiens de la libération, mais les scientifiques sociaux d’Amérique latine aussi, que la théorie de la dépendance explique beaucoup de choses mais pas tout. Et cela n’a pas pour nous actuellement la même valeur qu’il y a 20 ans. C’est normal. Les sciences évoluent. Et nous avons de nouveau fait la dette extérieure. Et ça c’est nouveau
par rapport à 20 ans en arrière. Ou bien l’actuelle situation qu’aon appelle la révolution technologique qui fait une partie de l’humanité soit exlue
du marché mondial de ce qu’on appelle la globalisation de l’économie… eh
bien, ce phénomène des exclus c’est une dimension des pauvres… qui ne
faut pas exagérer. Il faut éviter les modes intellectuelles. Parfois oion
dit y faut pas parler des pauvres… mais on palre d’exclus… Vous savez,
j’ai un peu l’impression que c’est une blague. Et les intellectuels sont
des gens qui se fatiguent tès vite. Très très vite. Ils aiment ça…. changer de mots. La réalité est toujours là. Pauvres, cela veut dire ne pas
avoir à manger… l’exclus c’est cela. Seulement que l’exclusion comme cause de la pauvreté est nouvelle. je pense qu’il y a maintenant une brèche,
une distance qui est faite par la connaissance technologique dans le monde.
Il y a des gens qui nous semble de trop… il y a des gens dans nos pays,
il y a des pays qui sont de trop pour ceux qui dominenet la scène politique
mondiale. Nous approfondissont du point de vue thèlogique notre histoire .
On prête aujourd’hui attention… plus maintenant que par rapport à il y a
20 ans, à la contribution des indigènes, des noiurs, des femmes… dans
notre continent. On approfondi leur culture, leur façon de vivre la religion. Et ça c’est une des richesses nouvelles pour l’Eglise et nous qui appronfondissons aussi la Bible. Il faut le dire, parce que parfois, il paraît que c’est une question des Européens, n’est-ce pas. Nous le faisons
aussi. Et nous le faisons à partir des pauvres. Alors je crois que c’est
quand même une réflexion qui est toujours féconde et vitale.
Ma foi ne dépend pas, finalement, d’une théologie. Une théologie m’aide
à comprendre. Moi je ne crois pas à la théologie de la libération, je crois
à Jésus-Christ. Parfois on me demande qu’elle est la situation et le destin
de la théologie de la libération en Amérique latine. je réponds toujours
vous savez, cela ne m’intéresse pas. Parce que ce qui m’intéresse, c’est le
processus de libération de mon peuple. Et la présence de l’Evangile, dans
ce processus. Alors la théologie vient après. On l’a du reste toujours dit.
Plus difficile maintenant de travailler pour les pauvres en A.L. ….
Chute des pays de l’Est… Théolo…. option pour les pauvres…. Socialiste…. option sociale… politiquemaenent parlant….
C’est plus difficile. Mais pas à cause de ça. C’est plus difficile parce
que en tâchant de travailler avec les pauvres, on a quand même défié les
pouvoirs en Amérique latine. Et des pouvoirs dans le monde. Vous connaissez
sans doute le document de Santa Fé… C’est une preuve… Les gens «important de ce monde s’inquiétaient. A cause de la situation en Amérique latine. La situation de l’Eglise et de la théologie de la libération. Alors
c’est plus difficile à cause de ça. Parce que maintenant on est présent
dans le peuple pauvre. Et c’est plus dificile aussi pour cette raison parce
que l’intérêt des grandes puissances pour le tiers monde et les pays pauvres a diminué. Elles sont très engagées en Europe de l’Est. Pas plus dicile
à cause que les socialistes sont tombés, mais parce que l’intérêt du monde
riche, qui parfois aidait avant pas mal… est aujourd’hui porté vers
l’Est. On me demande parfois si parce que l’Est est tombé on va continuer
avec notre théologie de la libération…. je répond: Est-ce que vous croyez
que les pauvres en Amérique latine sont moins pauvres… ou on fini d’être
pauvres maintenant. Comme si on dépendait de l’Est… on a du reste jamais
dépendu… Un peu Cuba… oui, pour des raisons politiques…. d’affinités
et de besoins politiques…
Vous vous sentez un peu orphelins avec le retrait de Boff?
Non. Je regrette sa décision. Orphelins, ce seraiot trop dire. Parce
qu’il y beaucoup de gens qui travaillent dans cette perspective. pas seulement théologiquement, mais dans la pratique. Il y a pas mal d’amis, d’évêque… etc. Mais je le regrette… et en même temps je respecte. Parce que
quand même, il s’agit d’une décision personnelle qu’on ne peut jamais juger. C’est sa décision. Mais on reste très lié et très en contact.
Eléments qui font que l’idée de la théologie de la libération se heurte
encore à certains problèmes.. à certains murs?
Je pense que c’est…. Nous touchons des problèmes telement conflictuelles en Amérique latine. Nous disons: la pauvreté à des causes… il y a des
responsables de la pauvreté. Dans le monde et dans nos pays. Que voulezvous? Que ces gens là se taisent et ne fasent rien… Qu’ils ne défendent
pas leurs intérêts. Ils réagissent, même en tuant des gens. Roméro… Nous
touchons des problèmes très difficiles et controversés. Je ne suis donc pas
étonné de ces réactions. S’il n’y avait pas de réactions…. c’est sans
doute parce qu’on ne parlerait pas un langage vraiment radical.
Le Sentier… Oui… mais toujours là… Fuji…. les sondages le donnent toujours gagnant.
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