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Mexique: le réel engagement des Eglises dans le Chiapas (181194)
Passage en Suisse d’un dirigeant de la Convention nationale démocratique
Berne, 18novembre(APIC) L’engagement des Eglises pour la justice et la
paix est bien réel Dans l’Etat mexicain du Chiapas, constate le Mexicain
Gerardo Gonzales, membre de la direction de la Convention nationale démocratique, de passage à Berne. Différentes Eglises jouent un rôle actif dans
la recherche d’une solution négociée. «Une Eglise nouvelle autochtone et
engagée est née.»
L’évêque catholique du diocèse de San Cristobal, Samuel Ruiz – proposé
comme candidat au Prix Nobel de la paix – est devenu le médiateur entre les
insurgés de l’Armée zapatiste de libération nationale (EZLN) et les autorités fédérales. Un certain nombre d’Eglises protestantes ont acquis un haut
niveau de conscience sociale et se trouvent confrontées aux vieilles structures de pouvoir incarnées par le système des «caciques».
Dans la zone de San Juan Chamula, elles ont encadré une bonne partie des
20’000 autochtones, expulsés par «le pouvoir tyrannique des caciques» qui
contrôlent la vente de l’alcool et des bougies ainsi que les fêtes traditionnelles. Comme les protestants évangéliques sont contre la consommation
d’alcool et s’opposent à certaines formes de prière, on les accuse d’offenser la tradition, explique G. Gonzales.
L’aspect fondamental du problème est en fait socio-économique. Les personnes expulsées de leurs terres par les décisions arbitraire des caciques
locaux exigent de nouveaux droits. Après le soulévement du Chiapas, les opposants se sont regroupés en une Convention nationale démocratique. Cette
convention a tenu sa seconde assemblée le premier dimanche de novembre à
Tuxtla Guerrero, capitale de l’Etat. 1 500 délégués provenant de l’ensemble
du pays, 300 invités spéciaux et une centaine de journalistes y ont pris
part, explique G. Gonzales. Divers groupes religieux, par le biais du Mouvement chrétien engagé, participent depuis le début à la Convention nationale démocratique.
Le programme d’action politique adopté par la Convention comprend l’exigence de la formation d’un gouvernement de transition, de la création d’une
assemblée constituante et une nouvelle constitution. La mobilisation nationale est susceptible d’aboutir si nécessaire à une grève générale. Les demandes, formulées originellement au Chiapas, vont devenir la bannière de
combat pour différents secteurs sociaux de tout le pays, assure le jeune
dirigeant.
30 familles détiennent la richesse du pays
Il est nécessaire de rappeler, souligne-t-il, que 30 familles réunissent
entre leurs mains l’essentiel de la richesse du Mexique (qui compte 80 millions d’habitants), créant ainsi une polarisation peu commune. La pauvreté
frappe la moitié de la population. 30 millions de Mexicains vivent dans la
misère.
Dès le début, de nombreux catéchistes et «délégués de la parole» ont rejoint l’EZLN. Le principal dirigeant de ce mouvement, le sous-commandant
«Marcos» – dont la véritable identité est inconnue – intègre de manière
permanente dans ses discours des réflexions et des images à fort contenu
théologique et social.
Les analystes et les journalistes locaux ont insisté sur «la formation
religieuse de Marcos». Il y a quelques mois, la Compagnie de Jésus a rejeté
les attaques des médias gouvernementaux, qui l’accusaient de se trouver à
l’origine de l’EZLN et assuraient que Marcos était membre d’un ordre religieux présent au Mexique. (apic/eni/mp)
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