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apic/Lettre Jean Paul II /An 2’000

Rome: Publication de la lettre apostolique de (141194)

Jean Paul II «A l’approche du troisième millénaire»

Le pape lance les préparatifs du Jubilé de l’an 2’000

Rome, 14novembre(APIC) Dans le but de lancer les préparatifs du grand Jubilé de l’an 2’000 marquant l’anniversaire de la naissance du Christ, le

pape Jean Paul II a publié lundi une lettre apostolique d’une septantaine

de pages à destination de l’épiscopat, du clergé et des fidèles du monde

entier, intitulée «Tertio millennio adveniente», «A l’approche du troisième

millénaire». Le Jubilé, un moment de joie qui a le sens d’une «année de

grâce du Seigneur», sera aussi, comme l’ont souhaité de nombreux cardinaux

et évêques, l’occasion d’un sérieux examen de conscience pour l’Eglise

d’aujourd’hui.

Jean Paul II précise dans ce document présenté lundi au Vatican par le

cardinal Roger Etchegaray, qu’à la veille du troisième millénaire il n’est

pas question de se prêter à un nouveau millénarisme comme certains le firent à la fin du premier millénaire. Il s’agit pour le pape «de rendre particulièrement attentif à tout ce que l’Esprit dit à l’Eglise et aux Eglises».

Réunis en consistoire extraordinaire les 13 et 14 juin dernier, les cardinaux ont fait de nombreuses propositions au pape en vue de la préparation

de ce Jubilé. Les présidents des Conférences épiscopales du monde entier

ont également été sollicités. Le pape propose dans sa lettre deux phases de

préparation. La première phase (1994-1996) devra servir à raviver chez le

peuple chrétien la conscience de la valeur et de la signification que le

Jubilé de l’an 2’000 revêt dans l’histoire humaine.

Cet effort de sensibilisation du Saint-Siège, aidé par un Comité ad hoc,

sera relayé par des Commissions semblables au niveau des Eglises locales.

La deuxième phase de trois années sera centrée sur Jésus Christ (1997), sur

l’Esprit Saint (1998), et Dieu le Père (1999). La célébration même du grand

Jubilé aura lieu simultanément en Terre Sainte, à Rome et dans les Eglises

locales du monde entier.

Le Saint-Siège étudie la possibilité, dans le cadre du dialogue interreligieux promu par la déclaration «Nostra aetate» du Concile Vatican II,

d’associer en particulier juifs et musulmans. On évoque l’éventualité de

rencontres communes dans des lieux significatifs pour les grandes religions

monothéistes. On évoque ainsi Bethléem, Jérusalem, le Mont Sinaï, lieux de

haute valeur symbolique. Mais Rome est soucieuse d’éviter de dangereux malentendus, notamment «en veillant au risque du syncrétisme et d’un irénisme

facile et trompeur».

Louange et pénitence des fils de l’Eglise

Le Jubilé de l’an 2’000 se veut une grande prière de louange et d’action

de grâce «surtout pour le don de l’Incarnation du Fils de Dieu et de la Rédemption qu’Il a accomplie». Outre la joie de tout Jubilé pour la rémission

des fautes et pour la conversion, le document insiste sur la pénitence et

la réconciliation, thème du Synode des évêques de 1984. Le pape insiste

dans sa lettre sur la nécessité d’un examen de conscience et d’un repentir

des «fils de l’Eglise» pour avoir consenti «en certains siècles à des méthodes d’intolérance et de violence dans le service de la vérité».

La lettre de Jean Paul II reconnaît que durant ces deux mille ans d’histoire du christianisme, les chrétiens à certains moments et dans certaines

circonstances, ont pu s’éloigner de l’esprit du Christ et de son Evangile,

présentant au monde «le spectacle de façons de penser et d’agir qui étaient

de véritables formes de contre-témoignage et de scandale». Ainsi, l’Eglise

ne peut passer le seuil du nouveau millénaire sans inciter ses fils à se

purifier, dans la repentance, des erreurs, des infidélités, des incohérences, des lenteurs.

La grâce de l’unité des chrétiens

Le pape, qui insiste pour placer ce Jubilé dans le sillage du Concile

Vatican II, «un événement providentiel par lequel l’Eglise a commencé la

préparation immédiate du Jubilé», relève que les péchés qui ont porté atteinte à l’unité voulue par Dieu pour son peuple sont parmi ceux qui requièrent un plus grand effort de pénitence et de conversion. S’il faut

poursuivre le dialogue doctrinal, il faut surtout s’engager davantage dans

la prière oecuménique.

Jean Paul II souhaite que la dimension oecuménique et universelle de ce

Jubilé soit mise en évidence par une rencontre pan-chrétienne significative, préparée avec soin, dans un esprit de collaboration fraternelle avec

les chrétiens des autres confessions et dans un esprit d’ouverture aux autres religions «dont les représentants voudraient bien manifester leur attention à la joie de tous les disciples du Christ». (apic/be)

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