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France: Assemblée plénière de la Conférence des évêques
Réforme des structures et solidarité
Paris, 10novembre(APIC) La réforme des structures de la Conférence des
évêques de France était un des points principaux de l’assemblée plénière
qui s’est déroulée à Lourdes du 4 au 9 novembre. Lors d’une conférence de
presse donnée jeudi à Paris, Mgr Joseph Duval, président de la Conférence
épiscopale en a brossé les grandes lignes. La solidarité, le ministère et
la vie des prêtres diocésains, la proposition de la foi dans la vie diocésaine actuelle ont été les autres points d’attention des évêques
La réforme des structures de la Conférence des évêques se veut pragmatique pour faire face à une situation de plus grande pauvreté en hommes, en
moyens financiers et matériels d’ici l’an 2’000. Grâce à elle, la charge
des évêques devrait être moins lourde. Chacun d’eux n’assumera plus désormais qu’une seule fonction nationale. Le nombre de postes à responsabilité
est réduit de 200 à 109. Celui des Commisisons épiscopales passe de 16 à 10
auxquelles il faut ajouter 4 comités permanents (canonique, pour l’information et la communication, pour les relations internationales, pour les affaires économiques).
A signaler la création de comités épiscopaux pour les relations interreligieuses et les nouveaux courants religieux, pour de l’art et la culture
ainsi que pour le tourisme et les loisirs. Par ailleurs, la Commission sociale se voit renforcée. «Nous donnons ainsi du relief aux questions de solidarité déjà débattues par l’assemblée au mois d’avril 1994» explique Mgr
Louis Cornet, rapporteur de ce dossier important qu’il qualifie de «serpent
de mer».
La solidarité, un problème brûlant pour l’Eglise et la société
La solidarité est le dossier qui a suscité le plus d’écrits et de déclarations orales. A commencer par celle de Mgr Duval, dans ses discours d’ouverture et de clôture qui attirait l’attention sur les phénomènes de marginalisation et annoncait un prochain document de la commission épiscopale
sur les exclus du logement. Le président de la Conférence des évêques rappelle que «pour rétablir la cohésion sociale il faut promouvoir la citoyenneté» et que celle-ci doit apprendre à traiter les personnes avec équité.
Il en appelle à la recherche de nouveaux gisements de travail, à l’établissement d’un dialogue approfondi avec les exclus, à la mise en partage des
revenus pour garantir une protection sociale et une vie digne.
Mgr Duval a également fait part de l’inquiétude des évêques «devant les
dérives de l’opinion publique en ce qui concerne l’exercice de la justice…Il faut sauvegarder à tout prix les droits de la défense. Des propos
qui interviennent en plein climat d’affaires ou ministres et industriels
sont tour à tour inculpés. Mgr Duval dénonce la violation du secret d’instruction, l’acharnement médiatique à l’encontre des prévenus et l’abus de
la détention préventive qui touche 14’000 personnes en France: «Une proportion inquiétante».
Les évêques ont par ailleurs dégagé huit pistes concrètes, destinées à
intensifier la mise en oeuvre de la charte de la solidarité. Celle-ci avait
été présentée en 1988 aux organismes catholiques concernées pour qu’ils
progressent dans leur collaboration. Parmi ces pistes, signalons la proposition pastorale de lier plus étroitement chaque diocèse à l’Eglise universelle ainsi que celle d’intensifier les relations et la communion entre
Eglises. La solidarité entre diocèses de France devait aussi être intensifiée.
Les évêques ont par ailleurs rédigé un texte à l’intention des acteurs
de la solidarité intitulé : «A la suite de Jésus-Christ, solidaire avec
tous» qui rappelle la source et le sens de la famille et à travers les relations de proximité comme enjeux essentiels pour demain. Autre élément
d’importance, présent dans ce texte et souligné par Mgr Duval: «La dimension politique et structurelle de la solidarité, que nous avions un peu négligée en avril, a été rappelée par beaucoup d’entre nous». Enfin, l’annonce a été faite que des travaux d’importance seraient prochainement engagés
sur les fondements théologiques de la solidarité.
L’Evangile sur la place publique
Mgr Dagens, rapporteur du dossier sur la proposition de la foi dans la
société actuelle a tenu pour sa part à rappeler que «l’Evangile est attendu
sur la place publique et par beaucoup de responsables politiques car il est
perçu par eux comme une ressource nouvelle considérable pour vivre, pour
fonder des engagements durables, pour susciter des réflexions et des choix
qui débordent les frontières visibles de l’Eglise. Je me demande humblement
si nous osons assez comprendre cette attente et proposer cette ressource
d’espérance qui vient de Dieu vivant et qui passe par nous et par la vie de
nos Eglises.» L’évêque d’Angoulême s’inquiète par ailleurs de la «montée en
puissance de l’individualisme qui risque de mettre en cause l’universalisme
de la foi.»
Les évêques se sont enfin penchés sur la nouvelle image du prêtre diocésain, dont le travail sera de plus en plus articulé avec celui des diacres
permanents et des laïcs engagés dans l’Eglise. Sans vouloir faire de déclaration publique, les évêques entendent apporter des matériaux à cette
réflexion dont l’enjeu est l’équilibre de vie des prêtres, souvent menacé.
(apic/jcn/mp)
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