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Suisse: les Eglises genevoises disent ’non’
aux mesures de contrainte envers les étrangers (091194)
Contraires aux principes évangéliques
Genève, 9novembre(APIC) Les Eglises protestante, catholique-romaine et
catholique-chrétienne de Genève s’opposent aux mesures de contrainte envers
les étrangers soumises à votation populaire le 4 décembre prochain. Lorsque
des décisions touchent à la morale et aux valeurs chrétiennes, les Eglises
ne peuvent rester silencieuses. Cette loi va directement à l’encontre des
principes prônés par l’Evangile: le respect et la dignité de l’être humain,
l’accueil des étrangers et la présomption d’innocence, écrivent les Eglises
dans une prise de position commune publiée mercredi.
En outre cette loi fait l’amalgame entre demande d’asile et délinquance,
ce qui est inacceptable, même si la Suisse connaît des problèmes liés au
trafic de drogues. Le devoir de tout Etat est d’appliquer à chacun, étranger ou non, les mêmes règles juridiques, soulignent les Eglises. La Suisse
jusqu’à présent s’en est tenue à ce principe et cette attitude a contribué
à l’estime dont elle jouit à l’extérieur. Genève, par le rôle international
qu’elle joue, doit lui rappeler cette vocation.
Les Eglises réaffirment que le problème des migrations ne sera pas résolu par la multiplication des lois sur le séjour des étrangers, mais d’abord
par une nouvelle conception des rapports économiques entre les diverses
parties du monde.
Injustes, disproportionnées et inutiles, dénonce l’EPER
Pour l’Entraide protestante suisse, contrairement à la Fédération des
Eglises protestantes de la Suisse, les mesures de contrainte à l’égard des
étrangers sont injustes, disproportionnées et inutiles. Cette loi constitue
une mesure d’exception indigne d’un Etat de droit comme la Suisse. Elle limite de manière disproportionnée les droits inaliénables de la personne humaine.
C’est essentiellement contre les requérants d’asile que sont dirigées
ces mesures alors que le taux de criminalité évalué à 2% n’est guère plus
élevé parmi eux que chez les Suisses.
Prévoir l’emprisonnement pour des jeunes dès 15 ans est non seulement
choquant, mais contraire à la Convention de l’ONU sur les droits de l’enfant, souligne l’EPER.
L’EPER doute enfin de l’efficacité de telles mesures en matière de lutte
contre la criminalité notamment le trafic de drogue. Ces mesures auront
pour effet de déplacer la criminalité au lieu de la diminuer. Tant que le
commerce de la drogue demeurera aussi lucratif, il ne manquera jamais de
gens suisses ou étrangers pour le pratiquer.
Ne pas encourager le racisme parmi la population
«Un racisme émanant de l’Etat ne peut qu’encourager le racisme parmi la
population». La ligue suisse de femmes catholiques (SKF) n’est pas moins
ferme dans son opposition aux mesures de contrainte. La SKF se dit persuadée que cette loi risque d’avoir des effets destructeurs pour les relations
entre les Suisses et les étrangers et que des dérapages sont à craindre. De
plus elle ne répond pas au but poursuivi, et n’est en fin de compte qu’une
aggravation du droit d’asile.(apic/com/mp)
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