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apic/Pérou/Torture

Embargo: 9 novembre 1994, 01h00

Torture au Pérou: Bilan effrayant d’Amnesty International (081194)

Genève, 8novembre(APIC) Des centaines de détenus ont été victimes de

tortures et de mauvais traitements au Pérou, dénonce Amnesty International

(AI) dans un communiqué de presse. Le gouvernement péruvien avait promis,

il y a plus de cinq ans, d’améliorer la situation du pays en ce qui

concerne la torture. L’organisation de défense des droits de l’homme a

soumis un rapport au Comité des Nations Unies contre la torture. AI

rappelle que le Pérou a ratifié la Convention des Nations Unies contre la

torture.

«Le gouvernement péruvien admet que ses agents continuent d’avoir

recours à la torture et pourtant, à notre connaissance, aucun membre des

forces de sécurité n’a été traduit devant un tribunal civil, ni reconnu

coupable de tels agissements», fait observer AI. L’Organisation remet en

question l’affirmation du gouvernement péruvien selon laquelle le pays

dispose de garanties législatives et administratives visant à prévenir la

torture et à punir les tortionnaires.

Selon AI, les autorités péruviennes n’ont pas mené, dans les meilleurs

délais, d’enquêtes impartiales sur les centaines de plaintes pour torture

et mauvais traitements déposées, depuis 1992, par des prisonniers accusés

d’infractions liées au terrorisme. AI souligne que la quasi-totalité des

détenus accusés de crimes aux termes de la législation antiterroriste se

plaignent d’avoir été torturés et contraints de signer des aveux utilisés

ultérieurement contre eux. Les procédures prévues par ces lois, lors de la

détention, de l’interrogatoire et du procès, encouragent le recours à la

torture et aux mauvais traitements. Par exemple, la loi interdit

formellement que les membres des forces de sécurité soient entendus comme

témoins lors du procès. Il est donc impossible de procéder au

contre-interrogatoire des personnes accusées d’avoir fait subir des

tortures ou des mauvais traitements à un suspect, ce qui prive ce dernier

d’une garantie importante en matière d’équité.

La volonté du Pérou d’éliminer la torture n’est plus prise au sérieux

«La volonté déclarée du gouvernement péruvien «d’éliminer» la torture»

ne pourra être prise au sérieux tant que la législation antiterroriste

n’aura pas été amendée, que les plaintes pour torture n’auront pas fait

l’objet d’enquêtes efficaces menées dans les meilleurs délais et que les

responsables n’auront pas été traduits en justice», déclare encore AI.

Enfin, l’Organisation humanitaire réitère sa condamnation catégorique

des graves atteintes aux droits de l’homme perpétrées au Pérou par des

groupes d’opposition armés, à savoir: la torture et l’exécution des

personnes qu’ils détiennent, l’homicide arbitraire et délibéré de civils et

le meurtre de membres des forces de sécurité mis hors combat, blessés,

faits prisonniers ou qui se sont rendus. Toutefois, ces exactions ne

sauraient justifier les violations des droits de l’homme commises par les

autorités péruviennes. (apic/ai/eb)

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