APIC – Interview
Traductrice de la Bible en français fondamental
Fribourg, 7novembre(APIC) «Comme jeune religieuse, rien ne me destinait à
l’Afrique ni à la traduction de la Bible» avoue Soeur Lydie. Après des études de philosophie et de lettres modernes, la religieuse de la communauté
des Xavières enseigne durant dix ans dans ubn lycée d’Etat en France. En
1972 un appel la propulse à Abidjan, en Côte d’Ivoire dans un institut de
développement fondé par les jésuites dans les années 60. On lui demande
alors d’adapter pour les Africains des traités d’agriculture et des ouvrages pédagogiques en français fondamental. «J’ai du me mettre à l’école moimême – je suis dans ce domaine tout à fait autodidacte. J’ai pris un dictionnaire et je me suis mise au travail 8 heures par jours. Un travail de
première importance pour le développement puisque dans une grande partie de
l’Afrique le français sert à la fois de langue véhiculaire et de langue de
formation face aux quelque 1’400 idiomes locaux ou régionaux. «Au bout de
quatre ans je débroullais assez bien» Des prêtres connaissent son travail
et lui demandent d’adapter des textes liturgiques en français fondamental.
«Cette idée là ne m’étais pas venue à l’esprit. ce fut vraiment une demande
de la base». En 1978, la Commission épiscopale de catéchèse et de liturgie
d’Afrique de l’ouest lui demande officiellement de traduire la Bible en
français fondamental. La publication avec le soutien de l’Alliance biblique
universelle (ABU) des divers livres d’abord du Nouveau Testament s’échelonne durant 15 ans. En 1991 les Evangiles et les Actes des apôtres ont pu
être offerts au pape et au COE, en 1993 le NT complet est édité en France,
la Bible complète est en voie d’achèvement. Il reste encore à faire les
divers contrôles par les conseillers en traduction de l’ABU, exégètes,
bibliste et linguistes.
J’ai quitté l’institut de développement après 14 ans et je suis rentré à
l’ABU en 1987
En Afrique la Bible est non seulement un instrument d’évangélisation,
mais aussi de lecture. Une fois que les adultes sont alphabétisés ils
n’ont plus rien à lire. Il y a très peu de littérature dans le niveau de
langue qu’ils possèdent. De plus les Africains sont très religieux il
sont très attirés par la Bible. Au départ j’ai été très étonnée, je me
disais aussi la Bible n’est pas un moyen, c’est une fin. Pour l’Afrique le
livre religieux peut à la fois leur permettre de lire avec une motivation
spirituelle et de façon progressive. En Afrique comme en Amérique
latine les gens apprenent souvent à lire pour pouvoir lire à l’église.
La culture étant traditionnellement orale l’écriture n’est venu
qu’avec la civilisation. La littérature africaine existe, elle est même
copieuse mais le niveau de langue reste très élevé. Un autre raison est le
prix, les livres sont chers alors que les ouvrages de la société bibliques
sont vendu très bon marchés à partir de 50 à 100 francs CFA. Enfin dernière
raison, les livres en français fondamental sont toujours écrits assez
gros ce qui permet de lire sans lunettes.
Les Xavières communautés à laquelle j’appartiens se rattache à la famille
Igacienne dont la spiritualité est basé sur la Bible et l’écriture. C’est à
travers les exercices spirituels que j’ai pris goût à la lecture de la
Bible.
Pourquoi le français fondamental?
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