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apic/Riva del Garda/WCRP/Akashi

Riva del Garda: Pour l’envoyé spécial de l’ONU Yasushi Akashi, (071194)

on ne peut parler de guerre de religion en ex-Yougoslavie

Les leaders religieux peuvent contribuer à une « politique des petits pas »

Riva del Garda, 7novembre(APIC/De notre envoyé spécial Pierre Rottet)

Le conflit en ex-Yougoslavie n’est pas une guerre de religion. Il n’a en

tous cas pas commencé comme cela, a confié à l’agence APIC le Japonais Yasushi Akashi, représentant spécial de l’ONU en ex-Yougoslavie, dans le cadre de la 6ème Conférence mondiale des religions pour la paix qui se tient

actuellement à Riva del Garda, dans le nord de l’Italie. Akashi a cependant

souligné que les leaders religieux de Bosnie pourraient grandement contribuer à une « politique des petits pas »

Invité à Riva del Garda, au même titre notamment que le théologien de la

libération péruvien Gustavo Gutierrez, au cours d’un entretien accordé à

des journalistes, le diplomate japonais a cependant déploré que les leaders

religieux en ex-Yougoslavie n’aient pas été capables de contrecarrer les

laeders politiques, qui se sont servis de la religion pour attiser la haine

et mener leur guerre nationaliste et la « purification ethnique ».

Yasushi Akashi a toutefois tenu à rester dans le ton de cette Conférence. En affirmant notamment que le passage entre état de guerre et état de

paix pourra se faire non à travers des révolutions, mais bien par le biais

de petits pas, d’un rapprochement voulu par les groupes et les communautés

qui occupent le terrain.

Contrecarrer le chauvinisme nationaliste

Les religions, a-t-il ajouté, peuvent jouer là un rôle fondamental. Pour

lui, il ne fait aucun doute que la situation continuera comme telle, si les

leaders religieux ne parviennent pas à contrecarrer le chauvinisme nationaliste qui prévaut actuellement. « Le tragique de ce conflit est que le pouvoir de la partie dure augmente à mesure que diminue celui des modérés ».

Selon le Japonais, les leaders militaires sont en effet résolus à résoudre

la question religieuse sur le terrain. Et Yasushi Akashi se dit néanmoins

optimiste. La possibilité de voir les trois grandes religions en ex-Yougoslavie retrouver la convivialité est bien réelle. « Cette sixième Conférence

devrait servir d’exemple ».

Bâtir une culture de la vie

Un discours que ne renierait sans doute pas le Père Gustavo Gutierrez,

pour qui tout esprit de guerre est contraire à la religion. Au même titre

que l’injustice et la pauvreté. Pour le théologien de la libération, qui

s’exprimait en ouverture de cette journée, le monde a besoin de bâtir une

culture de la vie. « Nous avons le devoir d’affirmer la vie… et non la

mort ».

Dimanche après-midi, les quelque 900 délégués, observateurs et invités

présents à Riva del Garda, s’étaient rendus à Rovereto, à 65 km au nord de

Vérone. Ville symbole s’il en est. C’est là que résonne depuis près de 70

ans la plus grande cloche en mouvement du monde. Comme un appel à la

paix…Cette cloche avait été coulée dans le bronze des canons qui servirent durant la Première guerre mondiale. Une cérémonie oecuménique durant

laquelle chaque représentant des religions représentée ici, par le rituel

et la prière qui leur est propre, à demander la paix et de meilleures conditions de vie. (apic/pr/ba)

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