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Guatémala: les victimes de la paix
40’000 guatémaltèques oubliés au Mexique
Guatémala, 4novembre(APIC) les dizaines de milliers de réfugiés
guatémaltèques vivant au sud du Mexique risquent d’être abandonnés et
oubliés, au moment ou la seule guerre civile d’Amérique centrale est sur le
point de s’achever, dénonce Dan Long, pasteur de l’Eglise évangélique
luthérienne d’Amérique. Représentant de plusieurs organismes d’Eglises
d’Amérique latine et des Etats-Unis qui travaillent dans le cadre de
l’entraide aux réfugiés.
Selon Dan Long, plus de 40 000 Guatémaltèques risquent de rester
indéfiniment au Mexique, à cause de l’évolution de la situation
internationale.
«L’attention de la communauté internationale, qui croit généralement que
les conflits de l’Amérique centrale ont cessé, s’est fixée sur d’autres
problèmes – les conflits de la Somalie, du Rwanda et de la Bosnie», a
déclaré Dan Long.
«Au plan politique, le problème des réfugiés figure aujourd’hui en fin
de liste des priorités des gouvernements et des organisations
internationales», a-t-il fait remarquer.
Ce changement de priorités signifie que le Guatémala va recevoir une
assistance financière beaucoup moins importante que le pays voisin, le
Salvador, qui avait bénéficié d’une aide massive de la communauté
internationale après la signature du traité de paix en 1992.
Le soutien financier du gouvernement des Etats-Unis aux opérations des
Nations Unies en faveur des réfugiés guatémaltèques a fortement baissé
cette année en raison de l’afflux de réfugiés haïtiens et cubains, a
rappelé D. Long.
Si des fonds suffisants et certaines conditions politiques ne sont pas
assurés pour garantir le retour sans risques des réfugiés , les Guatémaltèques vont continuer de souffrir au Mexique ou décider de retourner de leur
propre gré, même si aucune infrastructure n’a été mise en place pour leur
retour.
La plupart des réfugiés avaient fui vers le Mexique au début des années
80, au moment ou l’armée guatémaltèque, envahissant les régions
montagneuses, avait engagé la «sale guerre» contre les rebelles de gauche
et leurs partisans autochtones. Durant ce déchaînement de violence, plus de
250 000 Guatémaltèques avaient fui vers le sud du Mexique et aux
Etats-Unis. Au Guatémala, même un million de personnes ont été déplacées.
Des négociations visant à assurer le rapatriement des réfugiés ont
commencé en 1989 avec la médiation des Eglises. En octobre 1992, des
représentants de réfugiés et du gouvernement ont accepté un plan de
rapatriement des réfugiés vivant dans les camps contrôlés par les Nations
Unies au Mexique. Les accords réclamaient la formation d’un groupe de
«témoins d’honneur» chargés de s’assurer que les engagements étaient tenus.
En décembre 1992, le Groupe international d’accompagnement au
rapatriement des réfugiés (GRICAR), composé de six membres, a été mis en
place, réunissant des diplomates, un représentant du Conseil international
des agences bénévoles, à Genève, et un représentant de quatre organismes
d’Eglises – la Fédération luthérienne mondiale, le Conseil oecuménique des
Eglises, le Conseil des Eglises d’Amérique latine et le Conseil national
des Eglises des Etats-Unis.
Plus de 6 000 réfugiés, accompagnés par le représentant oecuménique,
sont retournés dans leur pays dans le cadre de ce programme. Pourtant, a
déploré Dan Long, le processus est encore trop lent et le gouvernement
guatémaltèque n’a pas donné les fonds permettant le retour rapide des
réfugiés.
Un emprunt de 30 millions de dollars américains accordé par Taiwan,
destiné principalement à assurer le rapatriement des réfugiés, a abouti
dans les réserves de l’Etat, a précisé Dan Long. C’est pourquoi les
réfugiés, lassés de l’immobilisme de leur gouvernement, cherchent des
terres, puis s’adressent aux autorités pour obtenir les fonds nécessaires.
Mais lorsque les propriétaires réalisent que le gouvernement est impliqué
dans ce processus, ils font monter les prix.
Dan Long appelle la communauté internationale, et en particulier les
Eglises, à se mobiliser. «Le Conseil oecuménique des Eglises a un
engagement spirituel, moral et historique envers les réfugiés et les
personnes déplacées à cause de la guerre, et nous voulons que ces réfugiés
et leurs familles soient traités avec respect et justice, et puissent vivre
dans la sécurité et la dignité.» (apic/eni/eb)
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