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Mozambique: Le sort des soldats (031194)

démobilisés inquiète l’Eglise mozambiquaine

Une épée de Damocles pèse sur le processus démocratique

Maputo, 3novembre(APIC) Alors que les Mozambicains se rendaient aux urnes

la semaine dernière, les responsables d’Eglise du pays, protestants et

catholiques romains, ont joué un rôle-clé pour apaiser la colère de soldats

démobilisés qui menaçaient de perturber les élections nationales. Selon

l’évêque anglican Sengulane, il faut de toute urgence répondre à certaines

de leurs revendications.

Ces élections étaient les premières multipartites depuis l’accession du

Mozambique à l’indépendance en 1975. Les résultats définitifs seront

annoncés dans une quinzaine de jours.

Le président actuel, Joaquim Chissano, chef du Front de libération du

Mozambique (FRELIMO), au pouvoir depuis l’indépendance, serait, selon des

estimations non officielles, en tête devant le chef de l’ancien mouvement

rebelle de la Résistance nationale du Mozambique (RENAMO), Afonso Dhlakama.

Des soldats – sans emploi, sans formation, démobilisés depuis peu protestaient pour réclamer le paiement de leurs soldes et l’amélioration de

leurs conditions de vie. Recrutés pour accomplir le service militaire

obligatoire, ces soldats ont aujourd’hui peu de chance de trouver du

travail. Parmi eux, des soldats du FRELIMO, de la RENAMO, de la nouvelle

armée mozambicaine et d’autres groupes militaires.

Les responsables d’Eglise ont pu convaincre les soldats mécontents de ne

pas mettre leur menace à exécution et de ne pas perturber les élections, en

leur promettant de soumettre leurs doléances au nouveau gouvernement dès

que celui-ci serait en place. Les Eglises envisagent également d’engager

certains soldats dans le cadre de leurs programmes.

Selon l’évêque Dinis Sengulane, président du département « Justice, paix

et réconciliation » du Conseil des Eglises du Mozambique, qui agit en

qualité de médiateur, les soldats ont aussi exigé des politiciens qu’ils

s’engagent par écrit à suivre la question après les élections.

D’après un rapport des Nations Unies, plus de 300 incidents survenus

durant les neuf premiers mois de l’année impliquaient des soldats

démobilisés. Certains sont à l’origine de troubles dans leurs zones de

regroupement; d’autres ont quitté ces zones, bloqué des routes, retenu des

véhicules et attaqué des entrepôts, parfois même des postes de police.

L’Accord de paix signé en 1992 a mis fin à seize ans de guerre civile

entre le gouvernement du FRELIMO et les rebelles de la RENAMO, soutenus

d’abord par la Rhodésie, puis l’Afrique du Sud. Aux termes de cet accord,

81’568 soldats ont été démobilisés, et quelque 9’000 autres soldats ont été

incorporés dans les rangs de la nouvelle armée unifiée.

Selon l’évêque Sengulane, il faut de toute urgence répondre à certaines

de leurs revendications. Par ailleurs, il a appelé la communauté

internationale à ne pas se retirer trop vite d’un pays en plein marasme

économique. Jusque-là, a-t-il dit, « C’est un acte de foi… L’Eglise n’a

tout simplement pas les moyens financiers de résoudre ce problème. »

La RENAMO est revenue sur sa déscision de boycott

Les élections ont été perturbées par l’appel au boycottage lancé par la

RENAMO. Après des heures de négociations et les interventions du représentant spécial du secrétaire général des Nations Unies au Mozambique, de

l’Italie, de la Grande-Bretagne, du Portugal, et du représentant de l’Organisation de l’unité africaine, la RENAMO est revenue sur sa décision de

boycotter le scrutin. (apic/eni/eb)

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