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apic/Ernesto Cardenal/Daniel Ortega

Hambourg: le Père Ernesto Cardenal compare (021194)

son ancien compagnon Daniel Ortega à Péron et Hitler

Il prétend toujours que marxisme et christianisme sont proches

Hambourg, 2novembre(APIC) L’ancien ministre de la Culture du gouvernement

sandiniste au Nicaragua, le Père Ernesto Cardenal – qui vient de démissionner du parti sandiniste – estime que l’actuel dirigeant de l’opposition Daniel Ortega est un dictateur. Dans une interview donnée mardi à un journal

de Hambourg, Ernesto Cardenal compare son ancien compagnon politique à Domingo Peron et Adolf Hitler, qui eux aussi ont eu une grande popularité auprès du peuple argentin et allemand.

Il accuse aussi l’actuel parti sandiniste de manipuler les élections internes et de pratiquer le vol et la corruption. Manifestement on s’est

éloigné de la première devise de Sandino, le révolutionnaire nicaraguayen

opposé aux Etats-Unis, qui s’intitulait: «La Révolution ou la mort».

Pour le poête Ernesto Cardenal, qui avant d’être ministre, était entré

chez les trappistes et avait fondé la célèbre communauté chrétienne de Solentiname sur une île au Nicaragua, la décision la plus importante de sa

vie reste le fait de «s’être consacré à Dieu, mais aussi au peuple et à la

révolution». Pour lui il est «évident» que le christianisme et le marxisme

sont mutuellement proches. «Ces dernières années, ce n’est pas l’idéologie

marxiste qui a échoué, mais bien le modèle des partis staliniens», conclutil, dans son interview au journal allemand.

Cette analyse rejoint celle qu’il avait déjà exprimée en octobre 1991:

«Les événements qui surviennent dans les pays de l’Est ne sont pas l’échec

du socialisme, c’est celui du modèle stalinien. Nuance. Le marxisme n’a pas

essuyé d’échec. Marx et sa doctrine sont intacts. Le christianisme, par

exemple, a connu au cours de son histoire d’innombrables aberrations et

perversions. Cela n’empêche pas qu’il reste chrétien».

Je crois, poursuivait l’ancien ministre nicaraguayen, que les principaux

représentants de la théologie de la libération, plus que nul autre, continuent d’accorder leur confiance inébranlable au socialisme. Ne sont-ils pas

les derniers à avoir épouser la cause du socialisme? Leur foi n’est pas

seulement au service d’un projet humain, mais aussi et surtout au service

d’un projet divin pour une société fraternelle. Pour le triomphe de la justice et de l’amour sur cette terre. Il faut aussi admettre que tout n’était

pas entièrement négatif dans ce qu’a entrepris le modèle du socialisme stalinien. Il y a eu de grands acquis sociaux sous ces régimes aujourdhui

abattus par les peuples. «Ces derniers se rendront compte, plus tard, de ce

qu’ils ont perdu et de ce qu’ils ont gagné avec les nouveaux systèmes capitalistes pour lesquels ils se sont illusionnés». (apic/kna/ba)

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