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Algérie: « Dieu est toujours trahi lorsqu’on tue en son nom » (281294)

Réactions en Algérie, en France

et en Suisse après la meurtre de quatre Pères Blancs

Alger, 28décembre(APIC) « Dieu est toujours trahi lorsqu’on tue en son

nom ». C’est par ce cri que Mgr Henri Tessier, archevêque d’Alger a réagi à

l’assassinat mardi de quatre Pères Blancs à Tizi Ouzou. Malgré ce drame

l’archevêque veut continuer à croire à la possibilité d’une cohabitation

pacifique entre musulmans et chrétiens en Algérie. Il l’a répété après

s’être rendu sur les lieux du crime. « Nous voulons bâtir l’avenir ensemble

avec tous les hommes de bonne volonté (…) Nous croyons au message de Noël

de paix sur la terre », a-t-il souligné.

Les quatre Pères Blancs connaissaient les risques encourus, mais ils ont

voulu partager tous les dangers avec les croyants, a relevé Mgr Tessier. La

Congrégation des missionnaires d’Afrique a des liens étroits avec l’Afrique

du Nord et l’Algérie en particulier, puisque c’est à Alger même qu’elle a

été fondée en 1868 par le cardinal Lavigerie. L’idée de Mgr Lavigerie

n’était pas de s’occuper exclusivement de nombreux colons français et européens, mais aussi des populations locales arabes et berbères. Les Pères

Blancs, qui tiennent leur nom de la couleur de leur habit religieux, ont

conservé longtemps leur maison générale à Alger, avant de la transférer à

Rome. Au début de l’année, une trentaine de Pères Blancs étaient encore en

poste en Algérie. En Kabylie, les Pères Blancs se sont toujours intégrés le

plus possible dans la vie de la population. En parlant notamment l’arabe et

le berbère .

Quatre religieux parfaitement intégrés à la vie locale

Le Père Christian Cheissel, le plus jeunes des tués, était à Tizi Ouzu

depuis septembre 1993. Ingénieur de formation, mais aussi licencié en lettre et spécialiste de l’islam, il avait été ordonné prêtre en 1992. Son

principal projet était d’ouvrir à Tizi Ouzou une grande bibliothèque pour

les jeunes de la région. Depuis le mois de juin, il était supérieur de la

maison.

Le Père Alain Dieulangard, âgé de 75 ans, était en Kabylie depuis son

ordination sacerdotale en 1950. Docteur en droit, il était également islamologue et surtout reconnu comme un excellent spécialiste de la langue berbère.

Le Père Jean Chevillard était à Tizi Ouzou depuis 1985, après avoir occupé divers postes en Algérie depuis son ordination en 1950, avec une interruption entre 1973 et 1981, période durant laquelle il fut assistant

provincial en France. A Tizi Ouzou, le Père Chevillard s’occupait du secrétariat social.

La quatrième victime est le Père belge Charles Deckers. Agé de 70 ans,

il était lui aussi lié depuis très longtemps à l’Algérie dont il avait

acquis la nationalité. Après avoir passé 27 ans en Kabylie depuis 1950, il

fut expulsé du pays en 1977. De retour en 1985, il était curé de la

paroisse de Notre-Dame d’Afrique, à Alger.

Le cardinal Jean-Marie Lustiger, archevêque de Paris, a rendu un hommage

aux quatres missionaires tués. « Ils savaient qu’ils mettaient leur vie en

jeu et ils ont pris ce risque en toute conscience », a-t-il relevé sur les

ondes de France Info. « Ils ont voulu montrer par leur vie dans un monde de

haine, qu’en Algérie aussi il y a des hommes qui veulent la paix ».

Deux Pères blancs suisses encore en Algérie

Parmi la trentaine de Pères Blancs résidant encore en Algérie figurent

notamment deux Suisses: le Fribourgeois Raphaël Deillon et le Père Roman

Stäger, du canton d’Argovie. Tous les deux sont en poste au coeur du Sahara, à Gardaia et Ourgla, dans le sud algérien, région encore assez clame.

« Mais une sécurité absolue ne peut être garantie dans aucun endroit du

pays », souligne le Père Claude Rault, de retour à Fribourg depuis juillet

dernier, après 24 ans d’Algérie.

Le Père Rault connaissait personnellement chacun de ses quatres confrères assassinés. « Celui qui accepte de rester dans le pays, le fait de manière absolument volontaire », souligne-t-il. « Le but de la présence chrétienne en Algérie, comme dans d’autres pays musulmans, est de promouvoir

l’amité entre les chrétiens et les musulmans et de montrer au monde que la

coexistence et la collaboration au service du développement et de l’homme

sont possibles, même si l’on est pas de la même religion. »

« Nous sommes émus parce que des proches sont morts. Mais chaque jour des

familles algériennes pleurent leurs morts. Chaque semaine il y a des

douzaines de meurtres », relève le Père Rault. (apic/kna/mp)

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