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Sénégal: «Bâtir un Sénégal de justice et de paix» (271294)

Les évêques dénoncent la crise et l’incurie du gouvernement

Dakar, 27décembre(APIC) Face à la difficile situation économique et sociale que connaît le pays, les évêques du Sénégal réagissent. Dans une lettre pastorale diffusée récemment, ils dénoncent l’injustice du commerce

mondial, mais aussi l’incurie de l’appareil d’Etat. Il faut se détourner

des erreurs du passé, pour s’engager sur la voie de l’honnêteté, du travail, de la solidarité et de la justice, insistent-ils.

«Le Sénégal est victime de la situation mondiale et particulièrement

d’un système économique injuste qui, pour maintenir et améliorer le niveau

de vie des pays industrialisés, enfonce les autres dans la misère», écrivent les évêques. La sécheresse, le déboisement incontrôlé, la dévalutation

du franc CFA, la mauvaise gestion, le chômage sont autant de causes de la

dégradation de l’économie sénégalaise.

Les conséquences sociales de cette crise ne sont que trop évidentes, relève l’épiscopat: extension et aggravation de la pauvreté, exode rural, entassement des populations dans les villes, dégradation des conditions de

logement, d’hygiène et de santé. Plus inquiétante encore est la dégradation

du tissu social et de la moralité. Les évêques constatent que l’évolution

rapide de la société et de la famille provoque une sorte de crise d’identité. Des parents éprouvent des difficultés à assumer leur responsabilité envers leurs enfants. Préoccupés par la survie dans des conditions de plus en

plus précaires, ils perdent leurs repères traditionnels d’éducation.

La baisse de moralité se retrouve dans toutes les catégories de la population, elle se traduit par le non-respect du bien commun, l’absence de

conscience professionnelle, le gaspillage, la fraude, l’égoïsme et l’oubli

du prochain.

Les évêques soulignent également les risques de déviations religieuses,

vers l’intolérance, l’intégrisme et l’exclusion des minorités.

Un appareil de l’Etat incompétent

Pour les évêques, les causes de la crise viennent de la confusion des

pouvoirs au sein de l’Etat, du gaspillage dans l’administration, de la mauvaise gestion ainsi que de l’inconscience et l’incompétence des partis politiques et des syndicats. La crise du système éducatif est si grave et si

étendue, qu’il faut se demander à quelle société et à quel avenir les écoles préparent les élèves, s’interroge la lettre pastorale.

Face à tous ces problèmes, «le Sénégal peut et doit d’abord compter sur

lui-même», relèvent les évêques. L’économie essentiellement agricole avec

une population à majorité rurale devra lutter contre la désertification,

travailler à la revalorisation des sols. Pour cela il convient d’assurer

aux paysans la possibilité de rester sur la terre qu’ils travaillent. «La

recherche de l’autosuffisance alimentaire, soulignent les évêques, est une

question d’intérêt, mais aussi de dignité».

Les évêques lancent un appel aux chrétiens à s’engager pour le bien public dans la vie politique. Tous les Sénégalais doivent être conscients que

le progrès du pays ne se réalisera pas sans que chacun se mette sérieusement au travail, concluent-ils. (apic/fides/mp)

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