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apic/Zambie/Fondamentslisme

Zambie: En voie d’être le premier «Etat fondamentaliste chrétien» du monde

Inquétude des Eglises chrétiennes (211294)

Lusaka, 21décembre(APIC) La Zambie pourrait bien devenir le premier «Etat

fondamentaliste chrétien» de ce monde. C’est du moins ce que redoutent les

responsables des grandes Eglises chrétiennes de Zambie, dont les catholiques et les protestants, qui avaient pourtant soutenu l’avènement du régime

en place aujourd’hui. La vision du christanisme pour le moins surprenante

du président et vice-président, notemment, ont de quoi inquiéter.

Lorsqu’on parle de «fondamentalisme», on pense immédiatement à l’islam.

Mais la Zambie est là pour démontrer qu’aucune religion n’échappe à la tentation du fondamentalisme. Le zèle des gouvernants, analogue à celui des

sectes, commence en effet à préoccuper sérieusement les responsables des

grandes Eglises chrétiennes du pays. Qui craignent ni plus ni moins d’assister à la naissance d’un Etat fondamentaliste chrétien, avec son lot

d’intolérances et de tensions.

En 1991, les élections ont sanctionné le passage du régime de Kenneth

Kaunda au multipartisme. Un passage vers la démocratie soutenu fortement

par l’Eglise catholique locale et par les autres Eglises chrétiennes, qui

avaient été écartées de la conduite du pays sous Kaunda.

Parmi les personnalités politiques aujourd’hui au pouvoir, on trouve

Frederick Chiluba et Godfrey Miyanda, respectivement président et vice-président, le Rév. Dan Pule, ministre adjoint des finances, le Rév. Peter

Chintala, ministre adjoint de la jeunesse, du sport et de l’éducation, tous

chrétiens et tous fondamentalistes, convaincus de gouverner par la volonté

de Dieu. Au lendemain de son intronisation en 1991, le président Chiluba

promit de faire de la Zambie une «nation chrétienne». Il invita en effet

des représentants du fondamentalisme chrétien américain à venir prêcher

dans le pays.

Tour de vis à la liberté d’information

Le Rév. Stan Kristafor, ministre de l’information pendant la période

qui a suivi les élections, puis contraint de démissionner à cause de ses

positions racistes, n’y va pas par quatre chemins: «Dieu m’a enjoint de

prendre part directement à la vie politique du pays, et d’occuper un poste

au gouvernement qui me permette de faire entendre son nom», parce que «sans

Dieu, une nation périt et Jésus-Christ veut être au centre de la gestion et

de la décision politique de cette nation». Fort de cette conviction, l’»envoyé» Kristafor a fait suspendre les programmes musulmans à la radio nationale, dans la ligne du refus du gouvernement de reconnaître le parti islamique.

Des positions qui ont de quoi inquiéter. Pour le pasteur Valeri Ogden,

de l’Eglise Unie de Zambie, «Le fondamentalisme chrétien, à l’instar du

fondamentalisme musulman, est caractérisé par une vision restreinte et une

incapacité à tolérer la diversité». Par le refus d’accepter les différences.

Et la situation est loin de s’améliorer. Au contraire. Le tour de vis

contre la liberté d’information décidé par le gouvernement «pieux» en est

la preuve. Celui-ci vient en effet de mettre sur pied un tribunal spécial

auprès duquel les ministres et les parlementaires peuvent dénoncer les

journalistes et les organes d’information coupables d’avoir diffusé de

fausses nouvelles sur eux. Une mesure contre laquelle s’est insurgé le président de l’association de la presse de Zambie (PAZA), Peter Kasoma, qui a

en particulier contesté la légitimité de contraindre les journalistes à révéler leurs sources d’information confidentielles devant un tribunal.

(apic/cip/pr)

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