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France: déclaration des évêques à la veille des élections (151294)

Pour que les plus faibles ne soient pas toujours perdants

Paris, 15 décembre 1994 (CIP) A la veille d’une année qui sera marquée en

France par les élections présidentielles, suivies quelques mois plus tard

des municipales, le conseil permanent de l’épiscopat en signale les enjeux,

dans une longue déclaration publiée jeudi.

«Les prochaines élections orientent pour l’an 2000 la vie de notre pays.

Les options retenues décideront de notre avenir en France et du sort de

bien d’autres dans le monde» rappelle le conseil permanent de la conférence

épiscopale française dans une déclaration publiée jeudi.

Si les évêques n’ont pas intervenir dans les choix que les citoyens auront à exprimer en conscience, ils ont le «devoir» de mettre l’accent sur

ce qui «fonde et dépasse le combat politique». Ils rappellent ainsi, «dans

les temps troublés que nous traversons», que «la démocratie est un bien

précieux mais fragile, que la solidarité doit croître à mesure que grandit

la pauvreté et s’aggrave l’exclusion, que le respect du devoir d’assistance

envers ceux qui, de par le monde, souffrent persécution pour la justice est

aussi une exigence de fidélité vis-à-vis de soi-même».

Les évêques observent aussi qu’»une large majorité des Français reconnaît une valeur de référence morale à la voix de l’Eglise quand elle invite

à ordonner toute compétition politique à la recherche du bien commun et au

respect des principes de cohésion sociale.

Problème no 1: le travail

L’Eglise ne cesse de réaffirmer «la noblesse de la fonction politique et

l’importance des institutions». Elle rappelle cependant sans cesse qu’elles

sont au service de l’homme et de ses communautés naturelles dont «la première et la plus fondamentale est la famille». Le «problème majeur pour la

dignité des personnes» demeure aux yeux des évêques celui du travail. «Tout

le monde admet aujourd’hui que la croissance ne résout à elle seule les

difficultés de l’emploi, écrivent-ils. Une économie laissée à la seule loi

du profit, abandonnée à la violence de la concurrence ou de la surenchère,

crée des servitudes et des situations de précarité dans lesquelles les plus

faibles sont toujours perdants. Le chômage, surtout celui des jeunes, constitue un des facteurs de déséquilibre social les plus graves pour l’avenir

de la société. Dans ce domaine l’arbitrage de l’Etat est indispensable.

Les évêques insistent encore sur trois autres «problèmes cruciaux» : le

respect de la vie, la construction de l’Europe et les immigrés. «Le premier, peut-on lire, engage non seulement l’avenir de notre pays, mais celui

de l’humanité entière. L’Eglise ne cessera jamais d’interroger les Etats

sur la nécessité de retrouver les voies de la sagesse auxquelles font obstacle les développements d’une ’science sans conscience»

Une deuxième préoccupation, «à entreprendre avec lucidité et courage»,

concerne la construction de l’Europe qui «sera d’autant plus unie, sans

être uniforme, qu’elle sera plus fidèle aux sources de son unité véritable

qui est spirituelle».

Les évêques attirent enfin l’attention sur un aspect du phénomène migratoire. Ils demandent que dans la réglementation de l’immigration la vie

commune de la famille soit respectée. (apic/cip/mp)

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