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apic/France/Armes

France: les transfets d’armes (141294)

Une étude de Justice et Paix

Paris, 14décembre(APIC) Même si depuis une dizaine d’années les ventes

d’armes françaises à l’étranger sont en diminution, la politique dans ce

domaine est loin d’être satisfaisante estime Justice et Paix France sur la

base d’une étude commandée à l’Observatoire des Transferts d’Armements.

Les auteurs de l’étude remarquent que dans un climat de concurrence

exacerbé, les transferts d’armes françaises s’orientent vers des pratiques

qui peuvent mettre la paix en danger; on n’hésite pas à vendre le matériel

le plus sophistiqué (les dernières versions des missiles Exocet par

exemple) ou à effectuer des transferts de technologies vers des Etats dont

la stabilité apparaît douteuse, sans tenir compte des risques de

prolifération.

Les transferts d’armes opérés par la France à titre gratuit dans le

cadre de la «coopération militaire» avec les anciennes colonies africaines

se sont traduites, dans le cas du Rwanda par une complicité de fait avec

les fauteurs de génocide, dénoncent les auteurs du rapport.

Les livraisons d’armes françaises à l’étranger sont décroissantes depuis

1984. La France qui se situait au troisième rang des vendeurs d’armes en

1990, a rétrogadé au cinquième rang en 1993 après les Etats-Unis. Cette

situation nouvelle est due principalement à la forte concurrence des

Etats-Unis, qui ont dû compenser les fortes coupes dans leur budget de

défense par une politique d’exportation souvent qualifiée d’»agressive».

Redéploiement géographique

Le Proche-Orient est resté jusqu’en 1993 le principal client des armes

françaises, alors que les efforts internationaux tendent à résoudre les

conflits de cette région du monde. Les Etats nouvellement industrialisés de

l’Asie du sud-est sont systématiquement prospectés par les industriels de

l’armement français, qui espèrent trouver une alternative à l’inéluctable

baisse des commandes du Moyen-Orient.

Nous sommes en train d’assister, en France, à une véritable inversion

des rôles. Nous ne sommes plus au temps où les responsables politiques

considéraient les ventes d’armes comme partie intégrante de leur politique,

estime Justice et Paix. Aujourd’hui, ce sont les industriels qui exigent du

gouvernement un engagement derrière leur pratique commerciale.

Dès la fin 1991, les Nations Unies se sont données pour objectif d’obtenir davantage de transparence en créant un «Régistre International des

transferts d’armes conventionnelles». Les tentatives de moralisation n’ont

guère abouti à des résultats tangibles; certains acheteurs – et non des

moindres – comme la plupart des Etats du Golfe n’ont fait aucune déclaration. D’autres, comme la France, on fait des déclarations tronquées.

Interpellation des Eglises

Les Eglises ont rappelé des exigences éthiques. Ainsi, le 26 novembre

1991, le Conseil des Eglises chrétiennes en France a publié un texte

intitulé «Le commerce des armes, plaie de nos sociétés», suivi en 1994, par

le document du Vatican «Le commerce international. Une réflexion éthique»,

qui examinent ces transferts pour voir dans quel cas ils sont justifiés.

Ces initiatives viennent à point au moment où le commerce des armes,

devient plus encore qu’hier, un simple élément du marché international et

un champ d’affrontement entre puissances exportatrices. (apic/com/eb)

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