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Pologne: des parlementaires accusent (141294)
l’Eglise de freiner la promotion de la femme
Varsovie, 14décembre(APIC) Une association de parlementaires polonaises
accuse l’Eglise catholique-romaine de freiner l’avancement des femmes, et
s’est engagée à s’opposer à ce qu’elle qualifie d’influence conservatrice
de l’Eglise sur une société post-communiste.
«Nous reconnaissons pleinement que tout citoyen a droit à considérer la
foi chrétienne comme sa vision du monde», a déclaré Karolina Marszalowa,
secrétaire du groupe des femmes parlementaires (PWG) de plusieurs tendances
politiques. «Mais nous pensons que les vues rétrogrades et arriérées du
clergé catholique et de la hiérarchie de l’Eglise entravent les possibilités de développement des femmes dans notre société. Dans la vie publique
comme dans la vie privée, ces vues ramènent la position des femmes à une
situation de subordination aux hommes», a-t-elle précisé au correspondant
d’ENI.
Mme Marszalowa ajoute que son groupe s’est heurté à maintes reprises à
l’Eglise catholique-romaine sur la question de l’avortement, actuellement
interdit, conformément à la loi de 1993, sauf dans le cas où la «vie ou la
santé» d’une mère sont en danger.
Par ailleurs, le groupe de parlementaires reproche à l’Eglise son «engagement politique excessif», ses démarches pour éviter de «payer des impôts
et des taxes» et «l’importance exagérée qu’elle accorde aux biens matériels». «Le groupe des parlementaires estime que l’Eglise peut jouer un rôle public positif dans la mobilisation des responsabilités et dans les
oeuvres de charité», souligne Mme Marszalowa. «Toutefois, comme toute la
société, notre groupe est opposé aux efforts de l’Eglise pour dominer la
vie publique et donner un caractère religieux aux institutions d’Etat.»
Ces commentaires font suite aux propos enflammés échangés dans le cadre
du Parlement polonais à la fin novembre durant des réunions simultanées du
Groupe de femmes parlementaires (PWG) et de l’Union sociale catholique polonaise, appuyée par l’Eglise, sur le rôle des femmes et de la famille dans
la société.
A cette occasion, Danuta Waniek, vice-ministre de la Défense, membre de
la coalition démocratique de gauche, a accusé l’Eglise catholique-romaine
«de revendiquer le droit de monopoliser toutes les discussions concernant
les femmes», et ajouté que la législation visant à garantir la «totale liberté des femmes vis-à-vis des pressions idéologiques ou de l’Etat», devait
être le premier objectif du groupe. Entre autres résolutions, les participantes ont réclamé l’instauration d’un «Etat laïc» en Pologne. Elles ont
aussi demandé des mesures législatives pour légaliser l’avortement et le
divorce, combattre la violence exercée contre les femmes et garantir une
amélioration des soins de santé et de la protection sociale.
«Les valeurs catholiques ne sont pas répressives»
Du côté de l’Union sociale catholique polonaise, dont la réunion a débuté par une messe, on a repris les demandes formulées par l’Eglise, c’est-àdire une Constitution polonaise garantissant le droit à la vie «de la conception à la mort naturelle» et «la protection des mariages».
La Fédération polonaise des mouvements «pro-life» (contre l’avortement)
a publié une déclaration dans laquelle elle accuse la présidente du PWG,
Barbara Labuda, d’utiliser les «méthodes idéologiques chères aux communistes» en choisissant les 170 participantes de la réunion parmi des politiciennes, des professeurs, des femmes d’affaires et des féministes. Le PWG
ne peut être considéré comme représentatif de la position des femmes polonaises, estime-t-elle.
Les militantes catholiques soulignent que la position des femmes au sein
de l’Eglise ne peut être comparée à celle des femmes dans la société laïque. Pour Ewa Polak, écrivain catholique, ni le PWG ni le parlement en général ne peuvent prétendre représenter les femmes polonaises. Selon elle,
les réunions de novembre étaient destinées à «induire en erreur l’opinion
internationale». «Ce groupe de femmes veut changer la loi et présenter comme répressives les valeurs de l’Eglise catholique», a-t-elle fait remarquer. «Mais ce n’est qu’une tactique politique, soutenue et guidée depuis
l’Occident, qui tend à montrer que le prix à payer pour faire partie de
l’Europe est l’abandon de la famille.»
Ewa Polak, membre de l’Institut pour l’éducation civique et la promotion
des femmes, organisme soutenu par l’Eglise, estime que ceux qui accusent
l’Eglise de freiner l’avancement des femmes utilisent des méthodes «populistes et manipulatrices». (apic/eni/mp)
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