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New York: Mgr Renato Martino, observateur du Saint-Siège, (051294)
critique à l’ONU le rapport sur la Conférence du Caire
Toujours l’avortement en point de mire
New York, 5décembre(APIC) Mgr Renato Martino, observateur permanent du
Saint-Siège à l’ONU, s’est inquiété de la mise en oeuvre pratique du «plan
d’action» proposé au Caire pour maitriser la croissance démographique mondiale. Le «Rapport sur la Conférence internationale sur la population et le
développement» est actuellement examiné par l’Assemblée générale de l’ONU à
New York.
Le prélat, qui dirigeait la délégation du Saint-Siège au Caire, a souligné quelques points positifs contenus en particulier dans les «principes»
du document définitif. La mise en garde, qui n’est pas nouvelle, ne remet
pas en cause le fait que «l’Eglise se soit associée partiellement au consensus» de la Conférence, mais Mgr Martino réitère la «sérieuse inquiétude»
de l’Eglise, notamment sur la question de l’avortement, qui ne peut devenir, a-t-il dit, un «nouveau droit international de l’homme».
Il y a des aspects positifs
Le Saint-Siège apprécie que la Conférence ait appliqué «les droits de
l’homme universellement reconnus à tous les aspects des programmes de population, «sans en avoir créé de nouveaux». L’Eglise se félicite de même que
le document onusien «recommande», dans l’application des programmes d’action, «le plein respect des différentes religions et des valeurs éthiques».
Satisfaction également de voir «la priorité donnée à l’être humain avant le
rôle de l’Etat».
Ces «satisfecit» introduisent une liste de critiques dont la principale
porte sur l’avortement. Le Saint-Siège partage l’objectif de la Conférence
de «réduire la mortalité infantile et maternelle», qui sont «inacceptables»
mais il «ne peut voir l’avortement conçu comme l’un des soins de la santé
reproductive». Mgr Martino précise: «Alors que le programme d’action de la
Conférence du Caire avait confirmé que l’avortement ne serait jamais promu
comme méthode de planification familiale, ce programme insinue dangereusement que la légalisation et l’offre de service d’avortements soient permises dans le contexte de la politique démographique».
Autres réserves
D’autres observations portent sur le développement, droit «universel et
inaliénable», par exemple concernant «le transfert des technologies, les
fruits des progrès de la médecine, l’allégement de la dette extérieure et
le développement de nouveaux marchés pour les pays en voie de développement»; le rôle de la famille, qui n’est pas assez reconnu, en particulier
«l’importante responsabilité des parents pour guider des adolescents»; la
reconnaissance de la femme, qui aurait pu être plus précise, en exigeant
des chances égales en matière d’éducation, de soins de santé primaire, du
choix d’une carrière professionnelle et des chances d’emploi; la conception
de la sexualité qui, trop «individualiste et permissive», peut conduire à
des «effets déstabilisants pour les sociétés».
Enfin, dernier point négatif souligné par Mgr Martino: «l’absence notable du droit de l’enfant». Parler d’»avortements sûrs» est «ambigu, car
l’avortement n’est jamais sans risque pour l’une des personnes impliquées
dans cet acte puisque l’enfant, déjà conçu, trouve la mort».
Au total, le Saint-Siège ne regrette pas d’avoir participé à la Conférence du Caire. Cela lui a permis d’»exprimer son point de vue et de faire
des efforts pour arriver à un consensus avec d’autres nations». Mgr Martino
a noté toutefois, «que le nombre substantiel d’Etats qui formulent de nombreuses réserves à l’endroit du document final de cette Conférence marque
une sorte de record». (apic/jmg/ba)
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