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Mali: sanctuaire marial de Kita (021294)

«La case de celui qu’on aime n’est jamais éloignée»

Kita, 2décembre(APIC/Alexis Dembélé) Le 26e pèlerinage national de

Notre-Dame-du-Mali s’est tenu fin novembre à Kita. Ce rendez-vous a eu un

accent particulier grâce à la bénédiction d’un nouveau sanctuaire par le

Cardinal béninois Bernardin Gantin, préfet de la Congrégation pour les

évêques.

Kita, une ville de 30’000 âmes au coeur du sahel malien. Située à 200

kilomètres de la capitale Bamako, Kita est la cité de l’arachide, un des

principaux produits d’exportation du pays. Mais pour les chrétiens, Kita

est surtout la porte d’entrée de l’Evangile dans le pays. C’est là

qu’arrivent le 20 novembre 1888, les premiers missionnaires, de la

congrégation des Pères du Saint-Esprit. Sans tarder, ils décident de

confier leur mission à Marie. Pour mieux le marquer, ils sculptent avec

l’argile pris dans un des marigots de la ville, une statue de la Vierge

Marie. Selon Mgr Luc Sangaré, archevêque de Bamako, la statue ainsi

façonnée «mérite de concrétiser la dévotion du peuple chrétien malien à

Marie». En 1963, les évêques du Mali décident d’instituer un pèlerinage

marial national.

Cette année, l’organisation a été confiée à l’archidiocèse de Bamako.

Tout est mis en oeuvre pour que le rendez-vous dans la cité de l’arachide

soit une réussite. Pour la première fois de façon marquée, les autorités

civiles ont donné un coup de main: réduction de 50% des billets de

transport, assistance médicale, etc.

Aussi dès le vendredi, un train spécial amène un millier de pèlerins.

Ceux-ci sont rejoints le lendemain par d’autres deux à trois fois plus

nombreux encore.

Un des temps fort du pèlerinage a été la procession et la veillée de

prière sur une colline située à deux kilomètres de la ville. Bougies

allumées et en rangs serrés, les pèlerins chantent Marie, récitent le

chapelet. Puis, pendant trois heures, les jeunes de Bakamo miment, par des

jeux scèniques, l’histoire d’un couple et de leurs enfants où «tout foutait

le camp». Mais, grâce à la tendresse et à la foi de la mère, la famille

retrouve paix, sérénité et bonheur.

Cohabitation harmonieuse entre les croyances et les cultures

«La case, de celui qu’on aime n’est jamais éloignée», c’est par ce proverbe que le cardinal Bernardin Gantin, préfet de la Congrégation pour les

évêques, a dit sa joie de présider la bénédiction du nouveau sanctuaire marial de Kita. A ces côtés, entres autres, les sept évêques maliens et le

ministre malien de l’intérieur. S’exprimant au nom du président, le ministre a déclaré que «les chrétiens du Mali ont en toute circonstance manifesté leur aptitude réelle pour la cohabitation harmonieuse entre les

croyances et les cultures, les hommes et les ethnies». Message très apprécié par les communautés catholiques qui preprésentent à peine 2% de la population totale du pays.

Autre invité, Mgr François Garnier, évêque de Luçon, en France, qui

retiendra la joie et la chaleur des célébrations et des rencontres. «Vous

nous apprenez que l’amitié peut être vraie, et très grande entre les

chrétiens et les musulmans. En France, nous avons besoin de connaître cela

parce que la vie est devenue plus difficile entre musulmans et Français».

(apic/ad/eb)

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