apic/Pape/Théologiens
Rome: session de la Commission théologique internationale (021294)
le pape dresse le portrait robot du parfait théologien
Rome, 2décembre(APIC) «Je suis heureux de vous redire la confiance que
j’accorde aux théologiens». En recevant vendredi la Commission théologique
internationale, qui fêtait ce même jour son 25e anniversaire, le pape Jean
Paul II a dressé le portrait robot du parfait théologien. Il a en outre encouragé les membres de cette commission à mettre leurs travaux au service
de la «nouvelle évangélisation qui doit marquer l’aube du troisième millénaire».
La présente session plénière de la Commission théologique internationale
s’est déroulée à Rome du 28 novembre au 3 décembre sur le thème des «relations entre le christianisme et les religions non chrétiennes». Cette commission est présidée par le cardinal Joseph Ratzinger, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi.
Au moment de la rencontre, le cardinal Ratzinger a adressé un discours
au pape où il fait part de son «espérance» de voir «les textes de la commission connaître une plus large diffusion». Mgr Ratzinger a également saisi «l’occasion de cet anniversaire pour appeler, sur ces textes, l’attention des théologiens et des pasteurs». Il a en outre rendu hommage à trois
hommes qui furent à l’origine de la fondation de la commission: le cardinal
Franjo Seper, Mgr Gérard Philips, Mgr Philippe Delhaye.
Créée le 28 avril 1969 par le pape Paul VI, la Commission théologique
internationale a une fonction, selon Mgr Ratzinger, de recherche pour les
questions nouvelles et pour les manières les plus appropriées d’exposer au
monde moderne la doctrine du Christ et de l’Eglise.
Depuis lors, cette commission, qui a reçu de Jean Paul II ses statuts
définitifs le 9 août 1982, a produit 16 documents, dont le cardinal a évoqué les thèmes: Unité de la foi et pluralisme théologique; Magistère et
théologie; Interprétation des dogmes; Foi et inculturation; Christologie;
Ecclésiologie; Théologie sacramentaire; Eschatologie; Normes et l’éthique
chrétienne; Promotion de l’homme et salut chrétien; Dignité et droits de la
personne humaine.
Une tranche d’histoire
Le cardinal Ratzinger considère ces documents, qui viennent d’être rassemblés en un premier volume, comme «une tranche d’histoire de la théologie
post conciliaire, dont l’importance n’a pas encore été reconnue malgré tant
d’efforts pour les faire connaître dans des conditions techniquement ardues
et parfois même peu favorables.
Prenant la parole ensuite, le pape a précisé que cette commission ne
constitue pas une section de la Congrégation pour la doctrine de la foi.
«Son indépendance même est la garantie de l’autonomie nécessaire à sa réflexion.
Jean Paul II a également livré sa pensée sur ce que doit être l’exercice
de la théologie en Eglise: «Vous venez de divers horizons, vous représentez
des sensibilités intellectuelles et des cultures différentes, à l’image du
domaine théologique lui-même dans sa complexité. Grâce à vos discussions
franches et rigoureuses, vous parvenez, ou en tout cas, vous vous efforcez
de parvenir à un consensus sur les questions théologiques abordées».
Mise en garde…
Comme preuve de «sa confiance» pour les théologiens, Jean Paul II a donné comme exemple le fait qu’il avait élevé au cardinalat «deux anciens membres de votre commission, le Père Yves Congar et Mgr Pierre Eyt» et, plus
avant, «Henri de Lubac et Hans von Balthasar». «L’amour filial de l’Eglise,
a-t-il précisé, est au coeur de la vocation du théologien, il rend libre
mais il est lui aussi la mesure intime des recherches les plus ardues».
Le pape a ensuite demandé aux théologiens d’avoir «une conscience claire
de la spécificité de leur discipline», notament devant «un trait caractéristique de la pensée moderne qui est l’attention prêtée aux questions
d’épistémologie».
Il a enfin attiré l’attention des théologiens sur «une tentative typique
de notre temps, la tentation d’étroitesse que connaît la démarche rationnelle et scientifique (…) Cette attitude, qui est à l’origine d’un certain rationalisme, provoque une distorsion de la pensée, tous spécialement
ruineuse pour la théologie dans sa vocation d’être sagesse. Le théologien
doit être prêt à recourir sans préjugés ni parti pris, à toutes les ressources de la métaphysique». Et Jean Paul II d’insister en conclusion:
«Parmi les dangers qui menacent la culture contemporaine, le plus grave est
la crise du sens de la vérité, génératrice de dérives morales et de désespoir». (apic/jmg/pr)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse