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Paris: Journée mondiale du sida (011294)
«Nul ne peut-être indifférent à ce fléau», rappelle le P. di Falco
Paris, 1erdécembre(APIC) A l’occasion de la Journée mondiale du Sida le
Père Jean-Michel di Falco, porte-parole de la Conférence des évêques de
France rappelle que l’Eglise ne rejète ni ne condamne les malades du sida
mais qu’elle invite à un comportement plus responsable. Se protéger
soi-même contre le sida, par le port du préservatif peut constituer une
première étape de responsabilisation, admet-il dans une interview accordée
à l’Apic.
Nul ne peut être indifférent à ce fléau. Nous ne sommes pas de ceux qui
pensent que le sida est une punition de Dieu, souligne le Père di Falco. Il
n’y a pas de malade honteux. «J’étais malade et vous m’avez visité» dit le
Christ (Mt 25, 36). Au yeux de Dieu, chacun est aimé comme unique. A nous
de convertir notre regard, de combattre l’exclusion, quelle qu’elle soit,
de dépasser nos réflexes de peur.
En quoi un regard chrétien sur la solidarité vis à vis des personnes
infectées peut-il être spécifique?
Dans l’épreuve, nous portons la responsabilité du regard qui méprise ou
qui fait exister, de la main tendue qui repousse ou qui rassure.
L’indifférence a été crucifiée avec le Christ. Au delà de l’ombre de la
Croix, la lumière pointe, celle de la résurrection, de la vie, de l’amour.
C’est de cela que, comme chrétiens, nous avons à témoigner. La mobilisation
contre le sida fait partie de celles qui sont et seront entreprises pour
construire «la civilisation de l’amour» qu’appelle le pape Jean Paul II de
tous ses voeux. Je rappelle, au passage, qu’à Paris le cardinal Lustiger a
fondé un centre de jour pour les malades du sida.
La solidarité envers les malades ne peut s’enraciner que dans un dialogue ouvert sur le sida entre chrétiens. C’est pourquoi l’Eglise encourage
une réflexion à deux niveaux: sur le sens spirituel de l’amour humain et de
la sexualité, et sur les moyens d’aider ceux qui sont atteints par ce mal.
Aux connaissances médicales doivent s’ajouter d’autres approches, psychologiques, socio-culturelles, morales et spirituelles. Toutes les campagnes de
prévention qui consistent à dire: «Mets ton préservatif et fais ce que tu
veux!» sont, à cet égard, tout à fait insuffisantes.
A propos du préservatif, quels sont justement vos positions?
C’est le préservatif qui soulève le plus de polémiques. On a accusé le
pape d’homicide involontaire ou de crime contre l’humanité. Sa parole est
déformée délibérément pour nourrir le cliché que l’Eglise catholique est
hostile au préservatif. Mais en Ouganda, il n’a jamais parlé du
préservatif, contrairement à ce qu’on a prétendu. Pour autant l’Eglise
préfère appeler à la fidélité, à la chasteté plutôt que de faire campagne
pour le préservatif. Même si, comme le rappelle le Père de Dinechin
(délégué de l’épiscopat pour les questions morales concernant la vie
humaine) «Il peut être momentanément nécéssaire de faire comprendre aux
intéressés que se protéger soi-même et d’éventuels partenaires sexuels
constitue une première étape de responsabilisation. Car il s’agit aussi,
dans l’extrême urgence, de répondre au commandement: «Tu ne tueras point».
Par chasteté, il faut entendre le contraire d’une vie menée au gré de la
passion et du désir du moment. Une démarche de liberté qui consiste à se
maîtriser. Trop peu de gens, hélas, en ont une claire conscience.
(apic/jcn/eb)
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