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apic/Vatican/FiniAN

Italie: le Vatican dément tout contact

avec l’Alliance Nationale de Gianfranco Fini (310195)

Pas de rencontre discrète entre des cardinaux de la Curie et Fini

Rome, 31janvier(APIC) Le Vatican a démenti mardi tout contact entre « des

cardinaux de la Curie » et le président du mouvement politique italien Alleanza Nazionale, Gianfranco Fini. Dans un communiqué le Saint-Siège répond

ainsi à un article publié dans le quotidien italien « Il Messagero » de mardi, affirmant qu’une rencontre discrète entre des « cardinaux au sommet de

la Curie » et ce leader italien serait programmé « en début de semaine prochaine ».

S’il ne nie pas « le droit pour les politiques italiens, de toutes tendances, de rencontrer leurs évêques », le Saint-Siège dément formellement un

tel projet de rencontre, comme d’ailleurs « toute demande en ce sens ».

La mise au point intervient deux jours après un très important congrès

qui a vu le « Movimento Sociale Italiano » (MSI) se muer en « Alleanza Nazionale ». Cette rencontre a également sonné, officiellement du moins, « la renonciation » aux thèses fascistes et antisémites de ce parti, dont la filiation historique directe remonte à Mussolini.

Un prélat était présent lors du congrès qui s’est tenu à Rome du 26 au

29 janvier 1995. Il s’agit du cardinal autrichien Alfons Maria Stickler, 84

ans, ancien titulaire de la charge de bibliothécaire et archiviste du Vatican.

Le démenti du Vatican s’inscrit dans un contexte politique extrêmement

agité, où un gouvernement de transition formé de techniciens et dirigé par

Lamberto Dini est censé préparer de nouvelles élections législatives dont

la date n’est pas encore fixée, après la démission de Silvio Berlusconi, le

22 décembre 1994.

Dans ce contexte, le « vote catholique », naguère essentiellement capté

par la Démocratie-chrétienne, est aujourd’hui remis en jeu après la faillite de ce parti, et surtout depuis la démission de Silvio Berlusconi. Ce

dernier avait notamment profité de la vague de rejet des électeurs vis-àvis de la DC pour se faire élire en mars 1994.

Aujourd’hui, tout est remis en cause. Ainsi, toutes les composantes de

la vie politique italienne, le Parti Démocratique de la Gauche (PDS, exparti communiste), le Parti Populaire Italien (PPI, ex-démocratie chrétienne), Forza Italia (le parti de Berlusconi), la Ligue Lombarde, l’Alliance

Nationale (ex-MSI) essayent de séduire les électeurs catholiques qui, en

Italie, peuvent faire basculer une élection.

En renonçant, en apparence du moins, à ses références fascistes et antisémites, l’Alliance Nationale ne cherche rien d’autre qu’à se recentrer

pour capter les voix des déçus de l’aventure Berlusconi, et les voix catholiques conservatrices, au détriment du Parti populaire Italien, l’héritier

de la défunte DC.

Ce qui peut expliquer la réaction du Vatican, qui considère avec le pape

qu’une « présence organisée » des catholiques en politique est toujours « nécessaire » en vertu de la tradition chrétienne de l’Italie. C’est tout l’effort de l’actuel leader du Parti Populaire Italien (ex-DC) Rocco Buttiglione, ancien professeur de philosophie, connu pour son livre « La pensée de

Karol Wojtyla ». (apic/cip/jmg/pr)

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