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Ukraine: Un responsable de l’Eglise orthodoxe ukrainienne (290195)
dissidente rejette l’avertissement de l’Eglise orthodoxe russe de Moscou
Varsovie, 29janvier(APIC) Le métropolite Philaret Denissenko, responsable
adjoint de l’Eglise orthodoxe ukrainienne dissidente – dite Patriarcat de
Kiev – a rejeté la mise en garde de l’Eglise orthodoxe russe l’avertissant
qu’il encourait «l’anathème» pour ses «activités schismatiques».
Philaret Denissenko, qui se déclare toujours métropolite de Kiev, a aussi ajouté que son Eglise était prête à coopérer avec d’autres confessions
chrétiennes, tout en cherchant à se définir comme seule représentante de
l’orthodoxie ukrainienne.
«L’Eglise orthodoxe russe peut certes juger ses évêques et métropolites;
mais selon les canons de l’Eglise orthodoxe, elle ne peut juger les nôtres,
a déclaré Philaret Denissenko. En juin 1992, les évêques orthodoxes russes
avaient suspendu de ses fonctions le métropolite Philaret de Kiev pour
avoir enfreint le droit canonique. «Naturellement, l’Eglise a un droit
d’appréciation», a-t-il continué. «Mais elle devrait le faire de facçon
loyale, et non derrière mon dos, lorsque je ne suis ni présent ni représenté.»
Le responsable d’Eglise, qui a été aussi destitué pour le rôle qu’il a
joué dans la formation d’une Eglise orthodoxe ukrainienne indépendante, répondait à la mise en garde lancée le mois dernier par le Synode épiscopal
de l’Eglise orthodoxe russe à Moscou, l’avertissant qu’il risquait l’anathème s’il poursuivait ses activités «scandaleuses».
«Préjudiciable à l’orthodoxie»
La déclaration du Synode, publiée le 5 décembre – précisait que «le moine Philaret» avait agi d’une «façon préjudiciable à l’orthodoxie en Ukraine», tout «en continuant, de manière blasphématoire, à célébrer la service
divin et à porter les signes de rang épiscopal».
Lors d’un entretien accordé au correspondant d’ENI, Philaret a souligné
qu’il était encore métropolite de Kiev, agissant en qualité d’adjoint du
nouveau responsable de l’Eglise, le patriarche Vlodymyr Romanayuk. Il a
ajouté qu’il avait lancé un appel aux autres Eglises orthodoxes, dans lequel il qualifie la décision de l’Eglise orthodoxe russe «d’illégale et de
contraire au droit canon», et nie «tout sentiment de culpabilité». «Le Synode épiscopal n’a aucun droit de prononcer des anathèmes, et puisque je ne
suis pas subordonné au Patriarcat de Moscou, je ne suis pas obligé d’accepter ses décisions», souligne Philaret. «Nous avons aujourd’hui notre propre
Eglise, et elle prend ses propres décisions».
Les fidèles orthodoxes se sont répartis en trois Eglises rivales depuis
l’accession à l’indépendance de l’Ukraine il y a trois ans. La plus grande,
fidèle au Patriarcat de Moscou, a, selon un rapport établi par le gouvernement en 1994, enregistré 5’763 paroisses, par comparaison avec le chiffre
de 1’892 paroisses transférées au nouveau Patriarcat de Kiev.
Dans son communiqué de décembre, le Synode épiscopal déplore les «initiatives désastreuses» entreprises par l’Etat d’Ukraine «pour soutenir des
éléments schismatiques et restreindre les droits des croyants orthodoxes
ukrainiens», et précise que les médias d’Ukraine ont «provoqué un certain
mécontentement» contre l’Eglise orthodoxe, restée du point de vue canonique
rattachée à Moscou.
Des responsables d’Eglises d’Ukraine ont lancé un appel télévisé à
l’unité nationale durant la célébration des fêtes du Noël orthodoxe le 7
janvier, invoquant le conflit en Tchétchénie pour souligner la nécessité de
surmonter les divisions nationales.
Cet appel, qui était le premier signé par les plus grandes confessions
chrétiennes enregistrées de l’Ukraine (plus de vingt), a été présenté lors
d’une cérémonie tenue à Kiev en présence du président Leonid Koutchma.
Selon le président, qui n’a cessé d’exhorter les Eglises à surmonter
leurs différences dans l’intérêt national, le moral défaillant de la société pourrait être remonté par un renforcement des liens entre les chrétiens.
(apic/eni/ba)
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