Suisse: initiative parlementaire en faveur
« La vie humaine est inaliéniable », répète le secrétaire de la CES
Fribourg, 27janvier(APIC) La vie humaine est inaliénable, de la conception jusqu’à la mort naturelle. Les évêques suisses ne peuvent en aucun cas
et en aucune circonstance accepter une législation qui relativiserait la
protection absolue de la vie humaine, notamment en matière d’avortement, a
souligné pour l’APIC le Père Roland-B. Trauffer, secrétaire de la Conférence des évêques suisses. Ce rappel intervient à la veille de la discussion
au Conseil National d’une initiative parlementaire demandant la révision du
code pénal dans le domaine de l’avortement.
De 1974 à 1985, la Conférence des évêques suisses est intervenue à dix
reprises par des déclarations publiques à propos de la protection de la
vie. Elle n’a aujourd’hui rien à ajouter à ces prises de positions très
claires, c’est pourquoi elle ne fera pas de nouvelle déclaration officielle, explique le Père Trauffer.
L’initiative parlementaire de la Conseillère nationale socialiste zurichoise Barbara Haering Binder, appuyée par 61 autres parlementaires, en majorité socialistes, radicaux et verts, demande une révision du code pénal
indiquant que l’interruption n’est pas punissable durant les premiers mois
de la grossesse (solution des délais). Passé le délai légal, l’avortement
peut être pratiqué sur indication médicale en cas de danger menaçant gravement la vie, la santé physique ou psychique de la femme enceinte.
« L’argument des initiateurs, selon lequel une révision de la législation
sur l’avortement est nécessaire pour correspondre au changement de mentalité au sujet de la sexualité et du rôle des femmes, ne tient pas », souligne
le Père Trauffer. « Le droit à la vie est un droit inaliénable de la personne humaine et ne peut être remis en cause sur la base de tels arguments ».
De même l’indication de nouvelles méthodes d’avortement au stade initial de
la grossesse, comme le RU 486 ou la « pilulle du lendemain » qui peut également être prescrite lorsqu’une grossesse n’est pas encore sûre, conduit à
une impasse. « Ces méthodes peuvent prétendre décharger la conscience des
individus, parce qu’elles empêchent, au moment de leur prescription, de se
trouver confronté à la question fondamentale, à savoir l’anéantissement
d’une vie humaine. » Le Père Trauffer insiste: » A nos yeux, cela constitue
une grave tromperie. Si l’homme ne parvient plus en toute détermination à
protéger la vie humaine de la conception à la mort naturelle, il est en
train de scier la branche sur laquelle il est assis, il se sacrifie ainsi
lui-même. »
L’Eglise combat avec la même véhémence toutes les manipulations de la
vie humaine parce qu’elle entend maintenir l’homme dans son humanité et le
protéger dans son intégrité. « On utilise aujourd’hui les arguments les plus
divers pour rechercher avec acharnement de nouvelles possibilités de
supprimer la vie humaine de la manière la plus raffinée: sans pression psychologique et sans conséquence pour le psychisme de l’homme. Cela doit nous
alarmer et nous rendre vigilants. »
Pour le Père Trauffer, cette nouvelle tentative de changement de loi se
démasque elle-même. Il voit en outre un rapport entre les possibilités législatives de l’avortement et l’euthanasie. « L’homme dans notre société qui
se laisse envahir par de telles positions extrêmes, ne remarque pas que
toutes les valeurs de sa vie lui sont enlevées. Il n’y a ainsi plus de raison que sa vie ne soit pas manipulée également au cours de l’âge adulte. »
Dans le même sens, l’Eglise doit être active pour l’intégration des handicapés dans la société et dans l’Eglise. « Cela reste une épine dans la
chair de notre société de bien-être qui parle et fonctionne uniquement du
point de vue des personnes bien-portantes. Le secrétaire de la Conférence
épiscopale relève à ce propos que le regard chrétien reconnaît l’image de
Dieu même dans la personne gravement handicapée, prenant ainsi au sérieux
le caractère unique de chaque personne. C’est pourquoi les moyens actuels
de diagnostic et de thérapie, comme les transplantations, les manipulations
génétiques et la recherche sur les embryons, ne peuvent pas se développer
dans un « espace exempt de valeurs ». Ils doivent se soumettre aux critères
très sevères du postulat qui veut que la protection et le profond respect
de la vie aient toujours la priorité. « Notre Eglise ne saurait dire autre
chose », ajoute le Père Trauffer.
Pour le porte-parole des évêques, l’Eglise, en s’engageant pour la protection de la vie, ne serait pas cohérente s’il elle n’estimait pas que
cette protection concerne aussi l’environnement naturel et humain, donc les
structures sociales de la société. Cela signifie par exemple que l’Eglise
s’est prononcée pour l’assurance-maternité et qu’à travers diverses organisations, en particulier Caritas, elle s’engage pour une meilleure protection de la famille. « Un article de loi reste lettre morte si la protection
des membres les plus faibles de la société et celle de la famille ne sont
pas au premier plan », conclut le Père Trauffer. (apic/oe/mp)
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