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Matran: Session des agents pastoraux du canton de Fribourg (260195)
Les agents pastoraux laïcs ne sont pas des ’sous-curés’
Matran, 26janvier(APIC) Les rapports entre les prêtres et les laïcs ont
été au centre des débats de la session annuelle des agents pastoraux du
canton de Fribourg, réunis pour trois jours à Matran. Il faut d’abord
s’écouter est se faire confiance, dans une période où le manque de prêtres
se fait sérieusement sentir, a souligné le Père Noël Barral-Baron, vicaire
épiscopal de Grenoble, principal orateur de la rencontre.
On ne fait jamais rien de bien tout seul, a pour sa part, renchéri Mgr
Mamie. Présentant sa conception de la corresponsabilité dans l’Eglise à
partir de son expérience personnelle, l’évêque du diocèse a retracé son
itinéraire depuis le séminaire où le supérieur lui indiquait la place où
s’asseoir à l’église et au réfectoire, jusqu’à son ministère actuel. La découverte du sens critique s’est faite progressivement à travers les mouvements d’action catholique, les études romaines, l’enseignement au séminaire
et à l’Université, l’oecuménisme et enfin l’épiscopat. «J’ai fini mon apprentissage et je suis sur le point de partir…»
Pour l’évêque, qui parle de l’Eglise comme un «bouquet de fleurs des
champs», la distance avec les diocésains est une déception. Il regrette de
ne pouvoir consulter plus largement les gens.
Pour le Père Noël Barral-Baron, les relations confiantes et durables
sont à la base de tout travail pastoral. Les prêtres ne font pas facilement
confiance aux laïcs qui n’ont pas leur expérience. A l’inverse, les assistants pastoraux, frais émolus des écoles spécialisées, ne peuvent prétendre
tout savoir de Dieu et de l’Eglise. «Dans l’Eglise, selon la dignité égale
de tous les baptisés, l’avis de l’autre compte autant que le mien et les
compétences ne sont pas toujours chez ceux qui ont le plus de responsabilité», souligne malicieusement le Père Barral-Baron. Aller, s’il le faut,
contre l’avis d’un prêtre reste une difficulté énorme. Le partage du ministère du prêtre n’est pas facile à accepter par les prêtres eux-mêmes, mais
aussi par les fidèles attachés à l’image du prêtre présent et disponible
pour toutes les tâches.
Les agents pastoraux laïcs ne sont pas des ’sous-curés’
Reprenant un discours plus théologique, l’abbé Marc Donzé a relevé les
deux aspects essentiels de la vie de l’Eglise que sont la présidence de la
communauté ecclésiale locale et la présidence de l’eucharistie. Traditionnellement ces deux tâches sont occupées conjointement par le curé. Mais le
manque de prêtres fait qu’aujourd’hui ces deux fonctions tendent à se dissocier, à être assumé par deux personnes distinctes. On peut donc légitimement se poser la question s’il ne conviendrait pas de donner le sacerdoce
aux personnes qui assument la présidence réelle de la communauté, commente
l’abbé Donzé.
Le professeur de pastorale craint le danger de faire des assistants pastoraux laïcs des ’sous-curés’. La spécificité propre de chacun doit être
préservée, insiste-t-il. Il s’agit en outre de repenser l’articulation avec
le bénévolat.
L’»affaire Gaillot»
L’»affaire Gaillot» a continué jeudi à alimenter les débats dans les
couloirs de l’assemblée. Les doyens Pilloud (Fribourg) et Sudan (SarineLac), dans la «liberté des enfants de Dieu», ont rédigé une lettre protestation adressée au nonce apostolique en Suisse, dont ils ont donné lecture
à l’assembleé. A l’instar du Conseil épiscopal d’Evreux, elle exprime la
consternation et la tristesse après la révocation de Mgr Gaillot. La lettre
a été signée, à titre personnel, par quelque 80 participants à la session
de Matran, soit environ les deux tiers des présents. Commentant cette démarche, Mgr Mamie a précisé: «Il est téméraire de porter des jugements sans
connaître l’avis précis du Vatican et de la Conférence des évêques de France. Ils pourraient être soit trop sévères, soit pas assez.» (apic/mp)
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