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APIC – Interview
Lukas Schenker, nouvel abbé de Mariastein (250195)
Le second lieu de pèlerinage marial de Suisse
Evelyne Graf, agence APIC / traduction Maurice Page
Mariastein, 25janvier(APIC) Les moines de l’abbaye bénédictine de Mariastein, près de Bâle, ont élu lundi le Père Lukas Schenker, comme nouvel Abbé de leur monastère. Mariastein, à l’instar de l’abbaye soeur d’Einsiedeln, est un lieu de pèlerinage important aux portes de Bâle qui draine des
fidèles de Suisse, d’Allemagne et de France. A l’occasion de cette élection
l’APIC a interrogé le nouvel abbé sur la vie du sanctuaire marial et de la
communauté, assez peu connus en Suisse romande.
APIC: Comment avez-vous découvert vous-même Mariastein?
Abbé Lukas Schenker: J’ai découvert Mariastein par l’intermédiaire d’Altdorf. Les bénédictins de Mariastein ont en effet dirigé le collège St Charles Borromée d’Altdorf de 1906 à 1981. J’ai été pensionnaire à l’internat
durant six ans où j’ai appris à connaître les pères de Mariastein et leur
action. Je me suis senti appelé et je suis entré chez les moines de Mariastein. J’ai fait mes premiers voeux en 1958 et j’ai été ordonné prêtre en
1963. Puis j’ai été enseignant à Altdorf. Depuis, 1976 je suis à Mariastein
où j’ai repris les tâches de bibliothécaire, d’archiviste et de secrétaire
du chapitre.
APIC: Quel rôle jouent aujourd’hui le couvent et le pèlerinage de Mariastein, dans la région bâloise et la Suisse?
L.S.: Mariastein est, après Einsiedeln, le second lieu de pèlerinage marial
de Suisse. Nous nous trouvons en outre au nord de la Suisse, dans le triangle situé entre l’Allemagne et la France et de nombreux pèlerins viennent
de Bavière ou d’Alsace. Le pèlerinage a un rayonnement certain. Les services religieux, en particulier le dimanche sont très bien fréquentés. En
été, plus d’un millier de personnes viennent le dimanche. Le monastère se
trouve près de Bâle, et de nombreux non-catholiques le fréquentent aussi.
Le couvent de Mariastein, par sa situation, par sa chapelle dans une
grotte à laquelle on accède par un couloir et un long escalier, a aussi un
côté romantique, en plus de son caractère spirituel. De plus, les offices
religieux à Mariastein offrent un choix par rapport aux messes paroissiales. Nous ne pouvons en tout cas pas nous plaindre devant une église vide.
Mariastein est également connue pour être un lieu de rassemblement des
Tamouls. Jour après jour, du matin au soir, ils défilent régulièrement,
souvent du canton de Berne, pour confier leurs soucis à la Vierge noire.
Certains sont hindous, nous ne savons pas exactement pourquoi ils viennent
ici, peut-être pour l’église avec ses statues ou la chapelle St-Joseph.
Dieu y retrouvera les siens, comme on dit.
APIC: Comment conciliez-vous la vie de la communauté avec les tâches du pèlerinage?
L.S. : Nous essayons de mettre en oeuvre la devise « Ora et labora » (Prie et
travaille) qui est au centre de la règle de St-Benoît. La prière des heures
joue un rôle particulier. Il ne s’agit pas à l’origine d’une prière cléricale, mais de la manière de prier des premiers chrétiens. Ils ont repris la
prière juive, celle des Psaumes. Le Concile Vatican II a souligné que la
prière des heures est la prière de toute l’Eglise. Nous sommes très heureux
que les gens venant à Mariastein puissent participer à cette prière, en
particulier le dimanche aux vêpres. Les textes sont toujours mis à disposition des personnes qui souhaitent suivre les offices.
Nous sommes 30 moines, dont l’âge moyen se situe à 56,7 ans. Nous avons
un novice et un frère qui prononcera cette année ses voeux perpétuels. L’an
dernier, nous avons célébré une ordination sacerdotale. Les moines ont
beaucoup à faire dans le couvent, la maison, le jardin ou pour l’accueil
des pèlerins, mais aussi à l’extérieur, en pastorale paroissiale ou dans
les cours de religion. La pastorale du pèlerinage reste notre tâche principale et notre vocation particulière. (apic/eg/mp)
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