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Italie: «La Repubblica» consacre deux pages à l’affaire Gaillot (250195)
«L’Eglise, la dernière monarchie absolue»
Rome, 25janvier(APIC) Alors que la révocation de Mgr Gaillot, l’évêque
d’Evreux destitué de sa charge par le pape, le 13 janvier 1995, n’avait
jusqu’ici pas suscité de remous particulier dans la presse italienne, le
quotidien romain «La Repubblica» – no 2 en Italie avec ses 730’000 exemplaires – a lancé la polémique dans son édition de mercredi. Outre deux
pleines pages, le quotidien y consacre sa une, intitulée «Révolte contre le
pape, l’Eglise de France se déclare pour l’évêque rebelle».
Un éditorial intitulé «La dernière monarchie absolue» demande «plus de
démocratie dans l’Eglise», et deux pleines pages sont consacrées à l’affaire Gaillot, avec une interview de l’intéressé et un entretien avec le théologien suisse Hans Küng.
L’article central s’appuie sur les déclarations de Mgr Duval, le président de la conférence épiscopale française, faites à la chaîne de télévision FR3 Normandie lundi et reprise par l’Agence France-presse. Selon
l’AFP, Mgr Duval «déplore les actes d’autorité «qui font apparaître l’Eglise comme une organisation rigide en train de se fermer». «Il y a eu de la
part de Rome, poursuit Mgr Duval, des actes d’autorité qui se sont multipliés au cours de ces derniers mois, depuis le Catéchisme universel, l’encyclique sur la morale, l’interdiction aux femmes d’être ordonnées, l’impossibilité pour les divorcés remariés de pouvoir communier». La dépêche
d’AFP poursuit la citation de Mgr Duval: «Nous aurions bien souhaité que
cette révocation n’ait pas lieu car nous sentions très bien que nous étions
sur un terrain difficile en France (…), un acte autoritaire n’est plus
accepté par notre société pas plus que par l’Eglise».
Le lendemain, 24 janvier, Mgr Duval a reprécisé à l’AFP: «ne pas critiquer sur le fond» la décision de Rome. Mais il constate que «l’accumulation
d’actes d’autorité a produit un climat» qui explique à ses yeux l’importance du mouvement de réaction à la décision concernant Mgr Gaillot. Les précisions apportées par Mgr Duval dans cette seconde dépêche sont également
citées dans l’article de «La Repubblica», journal de tendance «radicale,
laïque et anticléricale», selon les vaticanistes.
Quant à Hans Küng, il exprime dans une interview sa «reconnaissance à
Mgr Duval et aux évêques français, parce qu’ils disent finalement ouvertement, comme évêques, ce qui accable de nombreux catholiques: nous nous
trouvons en présence d’une nouvelle vague d’autoritarisme». Le théologien
suisse ne se fait «aucune illusion»: «Je pense que ces protestations vont
s’évaporer facilement, explique-t-il, car à Rome on se dit: ’Laissons-les
protester et allons de l’avant.’ Jusqu’à présent, toutes les protestations
n’ont servi à rien, elles ont été facilement tolérées par le Vatican, comme
il en allait auparavant de toutes les protestations contre le système communiste».
«L’autorité présuppose le dialogue et la négociation»
Quant à Mgr Gaillot, également interviewé par le quotidien italien, il
affirme «n’avoir aucunement intention de mettre en cause le rôle du pape»,
mais que «l’autorité présuppose le dialogue et la négociation». L’ex-évêque
d’Evreux ajoute: «C’est un exemple de mauvais exercice de l’autorité, même
si, je le répète, je comprends bien que le Vatican puisse intervenir et que
le pape ait son rôle». La conférence épiscopale française a annoncé dès
mercredi matin qu’elle répondrait à l’article de «La Repubblica» dans un
nouveau communiqué signé par son président, Mgr Duval. «Nous attendons de
voir la déclaration de Mgr Duval sur ce point, a affirmé de son côté le directeur de la salle de presse du Saint-Siège, Joaquin Navarro Valls. Il revient à Mgr Duval d’établir une clarification», a-t-il ajouté. (apic/jmgcip/mp)
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