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Allemagne: 50e anniversaire de la libération d’Auschwitz (240195)
L’Eglise catholique redit son «mea culpa»
Bonn, 24janvier(APIC) L’Eglise catholique d’Allemagne a une part de culpabilité dans l’Holocauste et doit en demander pardon au peuple juif. Tel
est le message adressé par les évêques allemands à l’occasion du cinquantième anniversaire de la libération du camp de concentration d’Auschwitz
par l’Armée rouge. La tendance anti-juive dans l’Eglise a permis que les
chrétiens n’exercent pas une résistance suffisante face au racisme et à
l’antisémitisme du 3e Reich, relèvent les évêques.
Parmi les catholiques, il y eut un grand nombre de défaillances et de
fautes. Beaucoup se sont laissés convaincre par l’idéologie nazie et sont
restés indifférents aux attaques contre les biens et la vie des juifs, reconnaît la déclaration épiscopale. D’autres ont pris part aux exactions et
sont devenus eux-mêmes des criminels. Ceux qui ont eu le courage de prendre
la défense des juifs, parfois au prix de leur vie, sont le plus souvent restés isolés. Les initiatives en faveur des juifs ont été des actes individuels. Après les pogroms de 1938 qui ont conduit à la destruction des synagogues et des biens de juifs, à la profanation de leurs cimetières, aux
mauvais traîtements et aux meurtres, il n’y a pas eu de protestation officielle et publique. Le regard sur les douze ans du Nazisme revèle le lourd
poids de l’Histoire, constatent les évêques allemands.
Reprenant le mot de «crime sans précédent» du pape Jean Paul II pour
qualifier la Shoah, les évêques remarquent que beaucoup de questions restent ouvertes et qu’ils n’ont pas le droit de les éviter.
L’anniversaire de la libération du camp d’Auschwitz doit être pour les
catholiques allemands l’occasion de réfléchir à nouveau à leurs rapports
avec le peuple juif. Les évêques soulignent en outre qu’Auschwitz figure
également dans l’histoire douloureuse du peuple polonais et que son souvenir pèse lourd dans les relations entre Polonais et Allemands.
Demande de pardon
La Conférence des évêques reprend la demande de pardon formulée au milieu des années 70 par le Synode général des diocèses de la République fédérale. L’épiscopat prie encore une fois le peuple juif d’accepter ces paroles de conversion et d’entendre la volonté de renouvellement des relations.
La déclaration des évêques qualifie l’antisémitisme de péché contre Dieu
et contre l’humanité. Dans l’Eglise il ne saurait y avoir la moindre place
pour les sentiments anti-juifs. Là où de tels sentiments existent, les catholiques ont le devoir de s’y opposer clairement et publiquement. L’Eglise
doit réapprendre qu’elle est née du peuple d’Israël, à qui elle reste liée
par son héritage dans la foi, et par sa liturgie, notent les évêques. «Nous
devons tout faire pour que juifs et chrétiens dans notre pays puissent vivre en bon voisinage.» (apic/kna/mp)
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