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Allemagne: 50e anniversaire de la libération du camp d’Auschwitz (240195)
« Le nazisme n’est pas mort », affirme Pax Christi-Allemagne
Bad Vilbel/Bruxelles, 24janvier(APIC-CIP) « Auschwitz reste le symbole
d’une politique allemande criminelle… Nous avons l’obligation d’en garder
le souvenir et de rester solidaire ». C’est ce que souligne le bureau de Pax
Christi-Allemagne dans une déclaration rédigée à l’occasion du 50e anniversaire de la libération du camp de concentration d’Auschwitz et publiée lundi par le secrétariat international de Pax Christi à Bruxelles.
« Les soldats de l’Armée Rouge trouvèrent à Auschwitz « des personnes condamnées à être éliminées pour des raisons raciales, religieuses, idéologiques ou politiques. Les prisonniers libérés souffraient et souffrent encore
des suites de leurs terribles expériences », rappelle la déclaration.
Dénonçant la querelle néfaste autour de questions de protocole, qui
« jette une ombre sur le souvenir de la souffrance et sur la commémoration
de la libération », le bureau de Pax Christi-Allemagne souligne que « les Allemands devraient faire preuve d’une grande pudeur face à une controverse
que des crimes allemands ont rendue possible. Notre commémoration, ajoutet-il, doit être empreinte de regret, de honte et aussi de reconnaissance
pour la libération que d’autres ont réalisée ».
Complicité tacite
La déclaration insiste sur le fait que la Shoah fut « planifiée » avec la
complicité tacite de beaucoup: « Auschwitz reste le symbole d’une politique
allemande criminelle. Le national-socialisme, le militarisme, l’impérialisme et le totalitarisme sont à l’origine de la destruction et de la guerre.
Le massacre n’a pas été un faux pas d’individus ou d’un parti. La Shoah a
été préparée par la propagande, planifiée et réalisée par le ministère et
l’administration. Très peu de personnes s’y sont opposées, beaucoup ont
fermé les yeux.
« Beaucoup d’entre nous n’ont pas vécu le national-socialisme. Mais nous
avons la responsabilité historique d’une politique allemande qui est coupable d’Auschwitz. De ce fait, nous avons l’obligation d’en garder le souvenir et de rester solidaire. »
Pax Christi-Allemagne invite à garder en mémoire les victimes des camps,
mais aussi à analyser les causes d’Auschwitz et ses conséquences, en n’oubliant pas ceux qui sont engagés dans la résistance. Le mouvement précise
qu’une « commémoration solidaire » implique un soutien des victimes encore en
vie. C’est dans cet esprit que Pax Christi a créé, au lendemain du premier
pèlerinage de réconciliation vers Auschwitz, en 1964, un Fonds de solidarité pour les anciens prisonniers des camps de concentration en Pologne. Grâce au concours du Comité central des catholiques allemands et d’autres organisations catholiques, le Fonds a donné naissance, en 1973, à l’Oeuvre
Maximilien Kolbe.
Le nazisme reste une tentation actuelle
Pax Christi-Allemagne met aussi en garde: le nazisme reste une tentation
aujourd’hui: « Agir en solidarité signifie aider les personnes qui sont persécutées et exclues aujourd’hui. Car 50 ans après la libération, il y a une
recrudescence des actes d’anti-sémitisme et de xénophobie et le nationalsocialisme redevient politiquement possible.
En souvenir et en solidarité, nous dénions le droit de parler et d’agir
en notre nom à ces politiciens qui expulsent des réfugiés même s’ils sont
menacés de torture et de mort et qui luttent pour redonner à l’Allemagne
une place militaire à la table des puissants. Rendre hommage aujourd’hui
aux hommes et aux femmes de la résistance signifie s’opposer à des pareilles actions et options. (apic/cip/ba)
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