apic/Liège/Affaire Gaillot
Liège: 500 catholiques rassemblés pour (220195)
dire leur espérance en une Eglise ouverte
Souffrance après la révocation de Mgr Gaillot
Liège, 22 janvier (APIC/CIP) A l’appel du groupe «Chrétiens en Route»,
constitué à Liège après la révocation de Mgr Jacques Gaillot comme évêque
d’Evreux, quelque 500 catholiques du diocèse se sont rassemblés dans la
soirée du 21 janvier en l’église St-François de Sales, dans le quartier de
la cité wallonne.
Dans l’assemblée, des prêtres et des laïcs, dont la moyenne d’âge
tournait autour des 50 à 60 ans, et assez peu de jeunes. Des aumôniers et
des représentants de diverses associations étaient présents, tandis que le
vicaire général Karl Gatzweiler, fait parvenir un message au groupe
organisateur, notant qu’il partageait la souffrance d’un grand nombre et
leur attente d’une Eglise de dialogue.
Rigidité, autoritarisme et manque de respect des personnes
Ce week-end, d’ailleurs, à l’initiative du groupe «Chrétiens en Route»,
une pétition a été distribuée dans toutes les églises de Liège. On peut y
lire: «Le message libérateur de Jésus-Christ, qui aujourd’hui encore met en
route tant d’hommes et de femmes, est trop souvent masqué, dans l’Eglise,
par la rigidité, l’autoritarisme et le manque de respect des personnes. Le
message d’accueil de chacun par un Dieu Père se trouve souvent mis en porte-à-faux par les discours de condamnation, d’exclusion, de rejet que pratique l’Eglise hiérarchique. La révocation de Mgr J. Gaillot rappelle une
fois de plus l’intransigeance des autorités. Nous souhaitons que l’Eglise,
pasteurs et laïcs, ose vivre ses contradictions, ses divergences, ses différences, ses débats internes, ses recherches et ses tâtonnements plutôt
que de les cacher sous une unité de façade, obtenue par la réduction au silence de certaines voix, dont celle de Mgr Gaillot et d’autres, dans le
tiers-monde et ailleurs.»
Pas de schisme
«Nous ne sommes contre personne. Nous ne voulons pas de schisme. Nous
souhaitons que les fractures soient fécondantes», a déclaré un des
organisateurs au cours du rassemblement de Liège. Le Père André Stuer,
administrateur de la paroisse St-François, devait d’ailleurs noter que le
drame que constitue, aux yeux d’un bon nombre, la révocation de Mgr Gaillot
«pourrait praître petit en regard des drames du monde». «Mais, ce n’est pas
sûr: ce sont les mêmes enjeux.»
Vu d’Afrique du Sud, l’affaire Gaillot paraît néanmoins très européenne:
«c’est un conflit entre hiérarchies, bien que le problème posé par la
centralisation existe dans le monde entier», note à son tour Philippe
Denis, dominicain liégeois et historien, écarté par un véto romain de la
Faculté de Théologie de Strasbourg et aujourd’hui professeur en Afrique du
Sud. Dans la tradition de l’Eglise, rappelle-t- il, l’évêque est à la fois
appelé au ministère par le peuple des baptisés ; il est reconnu et ordonné
par les autres évêques. Ce sont là deux conditions indissociables. Si la
première vient à manquer, cela fait scandale, observe Philippe Denis.
Certains ont exprimé leur souhait d’une organisation et d’une coordination des dynamismes suscités autour de la révocation de Mgr Gaillot, et
notamment «parce que les exclus sont au centre des problèmes que nous avons
à résoudre». D’ici trois semaines, une assemblée constituante, en faveur de
laquelle une très large majorité de participants s’est prononcée, sera mise
en place. Elle tiendra les chrétiens informés de la suite des événements.
(apic/cip/be)
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