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Moscou: Pourra-t-on finalement construire (160195)
la cathédrale orthodoxe malgré les critiques?
Moscou, 16janvier(APIC) Les responsables de l’Eglise orthodoxe russe ont
soutenu le projet controversé de reconstruire la plus grande église orthodoxe du pays, après une cérémonie pour la pose de la première pierre
de l’édifice.
Selon le service de presse oecuménique ENI le Conseil municipal de
Moscou envisage de demander au Vatican de retourner l’iconostase d’or qui
aurait été retirée de l’église avant sa destruction, il y a 64 ans. La
procession et la cérémonie se sont déroulées sur le site de 6,7 hectares,
situé au centre de Moscou, en présence du patriarche Alexis II.
L’église du Christ-Sauveur, qui pouvait contenir 10’000 fidèles, a été
ouverte en 1883 sur le site d’un ancien couvent pour commémorer la défaite
de Napoléon en 1812 par l’armée russe. Même si, officiellement, sa
construction avait été financée par des dons, 80% des coûts auraient été
payés par les finances de l’Etat sous les tsars Alexandre Ier et Nicolas Ier. L’Eglise avait été détruite en 45 minutes par une explosion, le
5 décembre 1931, sur l’ordre de Joseph Staline. Les travaux entrepris par
la suite pour construire un palais sur une surface de 400’000 m2, avec une
statue de Lénine haute de 75 mètres, n’ont jamais été achevés. Dans les
années 60, l’enquête d’une commission soviétique ayant dénoncé le gaspillage et la corruption à grande échelle, l’ensemble inachevé a été converti en une piscine ouverte au public, populaire auprès des sportifs
parce qu’elle était chauffée.
Un porte-parole du Patriarcat de Moscou, Andrei Jeliseyev, a déclaré
cette semaine que le président russe Boris Eltsine, et la Douma (parlement)
avaient approuvé le projet de construction de la cathédrale. Il a précisé
que la reconstruction devrait prendre environ quatre ans et que le nouvel
édifice serait consacré ensuite comme la nouvelle cathédrale de Moscou.
Pour A. Jeliseyev. « Une fois achevée, cette cathédrale sera un symbole très
important de la re-christianisation de notre pays, et le signe de la
renaissance d’une nouvelle Eglise russe. » Le projet de reconstruction
(estimé à 150 millions de dollars) a été approuvé en septembre dernier par
un comité spécial co-présidé par le président Eltsine et le patriarche
Alexis II. Des doutes sur la disponbilité des fonds promis par l’Etat sont
toutefois émis.
Projet controversé
Il y a deux ans, la Société officielle du Christ-Sauveur avait publié
une annonce dans les médias pour demander aux citoyens de ne pas remettre
leurs dons à des organismes indépendants. Entre autres critiques, des
géomètres ont déclaré que le site était trop instable pour permettre une
vaste construction. Les directeurs du Musée d’art Pouchkine à Moscou, situé
près du site de la cathédrale, auraient également constaté que les pelles
mécaniques, déjà à l’oeuvre depuis plusieurs mois, avaient provoqué des
fissures dans les murs et les fondations du musée.
Un membre de la Société biblique oecuménique de Russie, l’historien Yuri
Tabak, a déclaré que même si la majorité des prêtres orthodoxes soutenaient
le projet en raison de sa signification religieuse et historique, d’autres
estimaient que les efforts déployés pour reconstruire un site religieux qui
avait été détruit étaient « contraires à la tradition orthodoxe ». « Des
spécialistes de l’architecture et de la culture russes, qu’ils soient
croyants ou non, ont aussi souligné que la première église était une
construction médiocre, et que nous manquons tout simplement de connaissances techniques pour reconstruire ce monument », a ajouté l’historien.
« D’autres ont prétendu que le gouvernent soutenait le projet de l’Eglise
pour des raisons politiques, pour gagner le soutien des milieux nationalistes et estimaient choquant de dépenser de l’argent pour un tel projet
en une époque ou tant de citoyens vivent dans des logis misérables, sans
électricité ni chauffage », souligne encore Y. Tabak.
Le mensuel catholique romain à Moscou, Istina i Zizn (Vérité et vie)
cite pour sa part certaines sources selon lesquelles l’iconostase d’or,
enlevée par les autorités dans les années 20, aurait été donnée à Eleanor
Roosevelt, épouse du président des Etats-Unis Franklin Roosevelt, qui
l’aurait à son tour donnée au Vatican. Des représentants du Vatican à Moscou ont démenti avoir recu une demande d’information officielle concernant
l’iconostase, précise Istina i Zizn. Ils reconnaissent cependant que
certaines oeuvres d’art orthodoxes russes pourraient se trouver parmi
les « vastes collections » du Vatican, tout en indiquant qu’il serait demandé officiellement au gouvernement russe ou aux responsables d’Eglises
d’effectuer des recherches à ce sujet. A. Jelesiyev a refusé de s’exprimer
sur les dernières demandes et a ajouté que le Patriarcat de Moscou n’avait
« pas d’information récente » sur l’iconostase manquante.
Lors d’une réunion tenue au monastère Danilov le mois dernier, le
Conseil des évêques orthodoxes russes a exhorté « tous ceux qui se préoccupent du renouveau de la foi chrétienne, de la culture et de l’héritage
russes » à soutenir le projet de reconstruction de l’église du Christ-Sauveur. Ils ont relevé que les fonds promis par l’Etat ne devaient en aucun
cas être prélevés au détriment du social. « Si tel était le cas, l’Eglise
n’accepterait pas une telle décision ». (apic/eni/pr)
apic/Macao/ Journal chinois
Le texte contient 14 lignes (max. 75 signes), 150 mots et 1059 signes.
Macao: les catholiques lancent un journal en chinois (170195)
Faire contrepoids aux partisans du gouvernement de Pékin
Macao, 17janvier(APIC) Le diocèse de Macao, fort de ses 419 ans
d’existence, a décidé de publier son premier journal en langue chinoise.
« L’Osservatorio de Macao » entend être un contrepoids au « choeur pro-Pékin »
grandissant dans la colonie portuguaise qui doit retourner à la Chine populaire en 1999.
Le
journal qui paraîtra tous les 15 jours, tirera à 2’000 exemplaires et
traitera de thèmes sociaux politiques et religieux. Il devra affronter la
concurrence d’une vingtaine de journaux locaux en provenance de Hongkong.
Les 33’500 catholiques, – dont 17’000 parlent chinois, 12’000 portuguais
et 4’500 anglais – sont inquiets pour leur avenir après le rattachement à
la Chine, constate le Père Peter Chung Che Kuen, rédacteur en chef du
nouvel organe. C’est pourquoi face au concert de voix favorables à Pékin,
la société de Macao a besoin de ’veilleurs’ capables de défendre la liberté d’expression, conclut-il. (apic/ucan/mp)
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