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Berne: Le nonce apostolique réagit à la révocation de Mgr Gaillot

«On ne peut parler de décision arbitraire, (180195)

encore moins de violation de droits de l’homme»

Berne, 18janvier(APIC) On ne saurait parler de décision arbitraire ou

contraire aux droits de la personne dans le cas de la révocation de Mgr

Gaillot par le Vatican, estime Mgr Karl Joseph Rauber, nonce apostolique en

Suisse. Répondant à l’interpellation du groupe «pour une Eglise ouverte»,

diffusée mercredi dans une lettre ouverte, Mgr Rauber juge en outre faux de

faire un lien entre ’l’affaire Gaillot’ et les problèmes non résolus du

diocèse de Coire.

Comme nonce apostolique en Suisse, Mgr Rauber précise n’avoir ni les

compétences, ni la qualité pour prendre position au sujet de la révocation

de Mgr Gaillot. Mais les graves acccusations d’actes arbitraires et de violation des droits de l’homme, le poussent à faire une déclaration claire à

ce sujet.

On ne peut parler d’acte abitraire que dans le cas où une mesure est

prise en dehors du domaine du droit. C’est-à-dire que les bases juridiques

ou la compétence légale manquent, ou que les raisons graves sont absentes,

indique le nonce.

Selon la foi catholique et selon l’organisation juridique de l’Eglise,

le pape est le législateur, le maître, le berger et le juge de l’Eglise.

Ceci en tant que successeur de Pierre qui a reçu cette tâche du Christ luimême, relève Mgr Rauber. En raison de sa charge, le pape a le droit de nommer des évêques ainsi que de les révoquer s’il y a des raisons graves pour

le faire. Ces raisons peuvent concerner l’âge ou la santé mais peuvent aussi être autres. Par exemple lorsque la promesse de fidelité faite librement

lors de l’entrée en fonction n’est plus tenue, explique Mgr Rauber.

Les enquêtes durent toujours plusieurs années

Après une expérience de près de trente ans au service du Saint-Siège,

Mgr Rauber peut constater qu’une révocation n’est envisagée que lorsque

toutes les autres mesures se sont révelées inefficaces. Les enquêtes durent

toujours plusieurs années durant lesquelles des informations sont rassemblées, des consultations sont faites à Rome et au plan national, et des

échanges ont lieu avec l’évêque concerné.

Aux yeux de Mgr Rauber, il est faux de parler de violation des droits de

l’homme. Le droit à la liberté d’expression est respecté dans l’Eglise,

mais toujours dans les limites des devoirs d’une charge librement acceptée.

Il est donc difficile d’admettre que quelqu’un exprime une opinion opposée

à son devoir.

La politique, la diplomatie et l’économie connaissent toutes le principe

de la révocation, ajoute Mgr Rauber. Personne ne songe alors à parler de

violation des droits de l’homme. Enfin établir un lien avec le cas de Coire

ou ni la foi ni la fidélité à l’Eglise ne sont en cause n’est pas correct,

juge Mgr Rauber.

Il y aura toujours dans l’Eglise des décisions dont les raisons ne sont

pas suffisamment explicites ou qui sont difficiles à admettre, relève le

nonce apostolique, mais notre foi en l’Esprit-Saint qui conduit l’Eglise

doit nous remplir d’espérance, d’amour et de partience pour elle, conclutil. (apic/com/mp)

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