Syrie: les chrétiens d’Idleb sous la coupe des groupes armés

La pression grandit sur Idleb, dernière province syrienne encore contrôlée par une multitude de groupes rebelles et jihadistes. Une bonne partie de ce territoire est sous la coupe des terroristes d’al-Nosra (rebaptisé Hayat Tahrir al-Cham), un groupement issu des rangs d’al-Qaïda.

Depuis plusieurs jours, les armées du régime de Damas et leurs alliés mobilisent leurs troupes en vue d’un assaut final. Mardi 4 septembre 2018, les Forces armées russes ont bombardé précision des positions du Front al-Nosra dans le gouvernorat d’Idlib, selon le ministère russe de la Défense. Ils auraient frappé des zones d’où étaient lancés les drones contre la base aérienne russe de Hmeimim et des localités dans les gouvernorats d’Alep et de Hama.

Pour le Kremlin, un «nœud terroriste» s’est formé dans la province d’Idleb. Facteur de déstabilisation de toute la région, il entraverait le règlement politico-diplomatique du conflit syrien, d’où l’urgence et la nécessité de l’éradiquer. La province frontalière de la Turquie regrouperait des milliers de combattants issus d’une myriade de groupes armés, rebelles et djihadistes. 3 millions de civils y vivent également.

C’est l’avenir de ces populations démunies et totalement dépendantes de l’aide humanitaire qui est source de préoccupation. Une offensive d’ampleur aurait sur elles des conséquences désastreuses, estime le site Vatican News.

Les armes de la prière et du jeûne

Depuis quelques jours, des appels à la retenue s’élèvent au sein de la communauté internationale. Une inquiétude partagée par le Saint-Siège. Dimanche dernier, le pape François lançait un appel pour le respect du droit humanitaire en Syrie, exhortait les parties en conflit à privilégier les instruments de dialogue et de diplomatie, afin de sauver la vie des civils.

Cet appel a été accueilli avec joie par les chrétiens d’Alep  – dont la province est limitrophe de celle d’Idleb -, touchés de la sollicitude sans faille du pape à l’égard du peuple syrien, note le site d’information du Vatican. Joint par téléphone, le frère Ibrahim Alsabagh, curé franciscain d’Alep, affirme que, dans ce contexte rempli d’incertitudes, toute sa communauté a choisi ses armes: la prière et le jeûne.

Dans l’attente de la libération des régions sous contrôle djihadiste

Dans cette province subsistent par ailleurs de petites communautés chrétiennes, tombées sous la férule djihadiste il y a quelques années. Vivant en leur pouvoir et sous leur loi, elles tentent de survivre mais font face à des conditions de vie de plus en plus difficiles, entre brimades, humiliations, spoliations, interdiction de s’exprimer ou parfois de célébrer. Des chrétiens sont également enlevés contre des rançons élevées, mais que leurs familles ne peuvent se permettre de payer, révèle le frère Ibrahim Alsabagh. Les chrétiens attendent la libération de cette région contrôlée par les groupes armés, «car nous ne pouvons plus vivre dans cette situation». (cath.ch/vaticannews/be)

 

 

Jacques Berset

Portail catholique suisse

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