La lettre de Mgr Sandri est une demande d’information au sujet d’un prêtre en vue de lui confier un poste au sein du Vatican. Mgr Sandri, alors chef du département chargé des questions de personnel au Secrétariat d’Etat du Vatican, se renseigne auprès du Père Ramsey qui a enseigné de 1986 à 1996 dans le séminaire où ce prêtre a suivi sa formation: le séminaire de l’Immaculée conception dans le New Jersey.
« Je fais particulièrement référence, écrit Mgr Sandri, aux sérieuses affaires impliquant certains étudiants du séminaire de l’Immaculée conception sur lesquelles vous [le Père Ramsey, ndlr] avez été suffisamment bon en novembre 2000 d’attirer l’attention du nonce apostolique » (alors Mgr Gabriel Montalvo).
Selon ses propos rapportés par CNS, le Père Ramsey affirme s’être plaint en 2000 de la « relation de McCarrick avec les séminaristes et de toute cette affaire de dormir avec des séminaristes ». Cette lettre, a-t-il insisté, « était sur McCarrick et n’accusait les séminaristes de rien, elle accusait Mgr McCarrick ». Et si ce dernier n’est pas mentionné dans la lettre de Mgr Sandri, c’est selon le Père Ramsey que le sujet était « trop sensible ».
Cependant, la référence de Mrg Sandri à la lettre du Père Ramsey, envoyée à la nonciature apostolique en novembre 2000, prouve qu’elle était connue de l’administration Vaticane. Ce témoignage et cette lettre abondent dans le sens de Mgr Carlo Maria Viganò, nonce aux Etats-Unis entre 2011 et 2016. Dans un témoignage paru le 25 août dernier, il soutient que le Vatican était au courant depuis 2000 d’abus commis par Mgr McCarrick. Ce dernier a pourtant été créé cardinal en 2001 et est resté à la tête de l’archidiocèse de Washington jusqu’à sa retraite en 2006.
Les premières sanctions publiques contre le prélat ont été prises en juin dernier. Des accusations d’agressions sexuelles antérieures commises par Mgr McCarrick sur au moins deux mineurs ont en effet été portées à la connaissance du pape. L’archevêché de New York a qualifié ces allégations en juin de « crédibles et substantielles ». Le pape François lui a ordonné, en juillet, de se retirer dans une vie de prière et de pénitence. Il avait alors démissionné du Collège cardinalice.
Dans son témoignage, Mgr Viganò affirme que le pape Benoît XVI avait secrètement pris des sanctions contre le cardinal McCarrick à la fin des années 2000. Averti après son élection, le pape François n’en aurait pas tenu compte et aurait fait du cardinal McCarrick un « conseiller de confiance » pour les nominations épiscopales aux Etats-Unis, toujours selon l’ancien nonce. Questionné le 26 août sur ces accusations, le pape avait annoncé qu’il « ne dirai[t] pas un mot là-dessus ». (cath.ch/imedia/xln/ag/bh)
Bernard Hallet
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