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Belgique: nombreuses réactions à la révocation de Mgr Gaillot (160195)
Manifestation dimanche à Namur
Belgique, 16janvier(APIC) «La révocation de Mgr Gaillot, au-delà de l’atteinte à sa liberté d’expression et à sa dignité d’homme, de prêtre et
d’évêque, constitue une atteinte à l’Espérance, estime le Bureau du Conseil
Général de l’Apostolat des Laïcs (CGAL) dans un communiqué diffusé le 16
janvier, trois jours après la sanction romaine contre l’évêque d’Evreux. Un
comité de chrétiens annonce d’ores et déjà un grand rassemblement de soutien à Mgr Gaillot pour le dimanche 22 janvier, soit le jour même où l’exévêque d’Evreux délébrera sa dernière messe à Evreux.
Pour le Bureau du CGAL, principal organe de concertation des laïcs catholiques en Belgique francophone, la décision de Rome concernant l’évêque
français «illustre le fossé qui se creuse de plus en plus entre une certaine hiérarchie de notre Eglise et ceux et celles qui s’engagent concrètement
sur le terrain».
«De telles attitudes donnent une image d’une Eglise qui fait obstacle,
écran entre le message de l’Evangile et le monde», dit le communiqué.
Atterés, déclarent les prêtres mariés
De leur côté, les prêtres mariés, membres de l’association «Hors-lesMurs» ainsi que les personnes qui, avec eux, poursuivent une réflexion au
sein du groupe «Corinthe» en Belgique francophone se sont déclarés «atterrés par la nouvelle du limogeage de Mgr Jacques Gaillot». Ils se sont réunis ces 14 et 15 janvier «remplis de sentiments d’écoeurement et de révolte», peut-on lire dans un communiqué publié du 16 janvier.
«Nous sommes, écrivent-ils, des dizaines de milliers de prêtres mariés à
avoir subi et à continuer de vivre l’exclusion par ce même pouvoir
ecclésiastique. De plus en plus de chrétiens vivent cette même sanction
dans toutes sortes de situations. Comme pour ce qui est arrivé à JésusChrist lui-même, leur faute essentielle est de n’être pas «conformes»…»
Nous suggérons en particulier le refus de l’entrée prochaine du pape en
Belgique».
La Commission Justice et Paix de Belgique francophone a pour sa part
pris connaissance avec «consternation» de la destitution de Mgr Jacques
Gaillot, évêque d’Evreux. Dans un communiqué daté du 16 janvier, elle s’inquiète de cette décision et estime que «les procédures autoritaires dans
l’Eglise», loin de favoriser une «communion», «creusent des fossés».
La Commission Justice et Paix s’inquiète de la révocation de Mgr
Gaillot pour plusieurs raisons: «Mgr Gaillot, par son souci et sa proximité
des populations les plus exclues, tant de la société civile que de l’Eglise, exprime le sens profond de la «compassion» et par là même est une voix
prophétique qui parle au monde contemporain»; «Une partie importante du
peuple de Dieu en Europe, tant chez les catholiques pratiquants que chez
les croyants non pratiquants, reconnaît et vit les valeurs évangéliques
telles qu’exprimées par Mgr Gaillot. Au-delà même de la personne, c’est une
sensibilité d’Eglise et des engagements de personnes et de groupes qui sont
condamnés».
«Pour la Commission Justice et Paix, il est regrettable que des procédures autoritaires et centralisatrices mettent brutalement fin aux voies du
débat et de la réflexion partagée. C’est par un dialogue patient et prolongé qu’une société, quelle qu’elle soit, et en particulier l’Eglise, peut
rencontrer et faire coexister des sensibilités différentes, sans pour autant trahir les fondements qui sont les siens, à savoir l’Evangile».
La Commission relève en conclusion qu’à la veille d’un grand rassemblement oecuménique en 1997 sur le thème de la réconciliation, il est urgent
pour l’Eglise, de reconnaître, y compris à l’intérieur d’elle-même que la
voie de la réconciliation est aussi la voie du changement. Et de s’interroger: «Y a-t-il une réconciliation possible sans reconnaissance réciproque
des limites et des fermetures et sans signes concrets de changement? Les
procédures autoritaires dans l’Eglise devraient être sérieusement revues
car elles creusent des fossés et polarisent des tendances plutôt que de
construire une «communion» qui dépasse les unanimismes de façade». (apiccip/pr)
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