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France: L’enfant terrible de l’épiscopat doit démissionner

Jacques Gaillot: « Je suis quelqu’un qui aime la rencontre » (130195)

Fribourg, 13janvier(APIC) Mgr Jacques Gaillot, âgé aujourd’hui de 59 ans,

est le fils d’un négociant en vin de Saint Dizier, en Haute-Marne. Après

des études à l’Université grégorienne de Rome et à l’Institut catholique de

Paris, il a été ordonné prêtre en 1961. Il commence son ministère ecclésial

comme directeur du Grand séminaire de Châlon-sur-Marne. Jusqu’à son accession à l’épiscopat en juin 1982, il conservera d’ailleurs des tâches importantes pour la formation du clergé, sur le plan régional puis national. Il

fut également durant quatre ans responsable diocésain de l’Action catholique indépendante (ACI).

Mgr Gaillot a toujours vécu de la conviction que l’Eglise doit être en

prise avec son temps. « Pour cela il est nécessaire de faire le choix prioritaire des pauvres, de manifester une solidarité avec les exclus, de les

écouter, de les rencontrer », comme il l’expliquait lui-même à l’APIC en

1991.

Une de ses premières interventions épiscopales à être largement remarquée dans la presse fut en 1988 sa prise de position en faveur de l’ordination d’hommes mariés lors de l’assemblée plénière de l’épiscopat. Il soulignait alors la bienveillance excessive à l’égard des prêtres traditionalistes repentis après le schisme d’Ecône et la rigueur du célibat ecclésiastique qui décourage l’accès au sacerdoce.

Celui qui dit aimer particulièrement la rencontre n’a jamais hésité à la

pratiquer tous azimuts, dialoguant aussi bien avec le théologien dissident

allemand Eugen Drewermann qu’avec l’évêque conservateur de Namur Mgr Leonard, mais surtout avec les exclus et les marginaux de tous bords, pauvres,

chômeurs, immigrés, homosexuels, malades du sida, prisonniers. « Je ne

m’estime pas contestataire contrairement à ce qu’on dit parfois de moi, expliquait-il. Je crois qu’il y a des choix de l’Evangile qui font grincer si

l’on essaie d’être un peu fidèle. Un pasteur doit être branché sur son peuple. (…) Il n’y a pas de terre interdite à l’Evangile. »

Les reproches de ses confrères de l’épiscopat n’ont jamais porté sur ses

options fondamentales mais plutôt sur son attitude jugée imprudente face

aux médias, en particulier à la télévision. Par sa présence lors de certaines émissions ou ses prises de positions, il avait souvent donné l’impression d’apporter la caution de l’Eglise à des idées ou des comportements

qu’elle réprouve. Aux yeux de la hiérarchie, son dialogue avec Drewermann,

laissant planer le doute sur certains éléments de foi, a certainement eu

plus d’importance que son apparition dans l’émission de variétés « Frou

Frou ». Mgr Duval, président de la Conférence des évêques de France, dans la

lettre d’avertissement qu’il lui adressait au printemps dernier insistait

précisément sur cet aspect, lui demandant une plus grande solidarité avec

ses confrères. La gestion de son diocèse n’étant pas en cause.

Sur le plan politique, il s’est attiré des sympathies, mais aussi de solides inimitiés pour ses prises de positions sur les immigrés, le chômage,

contre l’engagement français dans la guerre du Golfe ou encore en faveur du

président haïtien Jean-Bertrand Aristide. (apic/pr/mp)

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