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Banja Luka: Selon Mgr Komarica, des centaines de Croates et (110195)
de musulmans arrêtés, déportés et torturés par les Serbes
Aucune trève de Noël pour les prisonniers
Zagreb, 11janvier(APIC) Mgr Franjo Komarica, évêque de Banja Luka, dans
la partie de la Bosnie occupée par les forces serbes, est extrêmement inquiet du sort de quelque 200 Croates déportés par les Serbes durant la période de Noël. Dans un rapport parvenu à Zagreb, l’évêque et la Caritas locale indiquent que certains, dans un état de santé déplorable sont prisonniers dans des camps de travail forcé, que d’autres ont été envoyés au
front, et que d’autres enfin après avoir subi divers mauvais traitements
ont été relâchés, mais s’attendent à être enrôlés de force dans les prochains jours.
Le jour de Noël un commando de la «Garde nationale serbe» a pénétré dans
l’église catholique de Barlovci pour faire une razzia et enrôler de force
tous les hommes valides. Tous les hommes participant à la messe et en âge
de travailler ont été arrêtés. Caritas donne une liste de 24 noms d’hommes
âgés de 18 à 53 ans. Plusieurs d’entre eux étaient déjà contraints au travail obligatoire, mais ils avaient bénéficié d’une permission de sortie
pour Noël. Ces hommes ont été sévèrement battus dans les locaux de la police, notamment aux parties génitales. Ils ont finalement pu regagné leur
maison, mais ont reçu quelques jours plus tard un ordre de mobilisation.
Soixante autres hommes ont été déportés des communes de Ravska et de
Ljubija, près de Banja Luka, ajoute Caritas. Ils ont été «convoqués au rapport» par le commandant serbe local le 26 décembre. Plus tard leur proches
ont appris qu’ils avaient été envoyés au front près de Brcko.
Des dizaines de civils croates déportés ont été forcés par les Serbes de
servir de «boucliers humains» sur le front entre l’armée des Serbes de Bosnie et les Forces croates de Bosnie (HVO) ou pour creuser des tranchées,
relève en outre le rapport de Caritas.
Coups et «sport nocturne»
177 personnes – 137 Croates et 40 musulmans – ont été envoyés lors de la
2e semaine de décembre dans le fameux camp de Glamoc où ils ont été
torturés et maltraités ajoute le rapport. «Un des prisonniers a été forcé
de lécher le sang qui coulait de son crâne après avoir été frappé avec une
kalachnikov. A minuit, les prisonniers sont réveillés et obligés de former
deux équipes de football, une de Croates et une de musulmans et de jouer
l’une contre l’autre. A la fin, chaque Croate doit être porté par un
musulman jusque sur sa couchette.»
Douze prisonniers de Glamoc ont été libérés le 28 décembre: ils sont
tous très malades, note Caritas. Mgr Komarica a demandé aux autorités serbes l’autorisation de visiter les prisonniers de Glamoc. Il a reçu une réponse négative.
Les Croates qui ont reçu un ordre de mobilisation vivent dans une angoisse terrible. Ils ont peur de passer la nuit chez eux et préfèrent, malgré le froid et la neige, se cacher dans des granges ou des étables, conclut le rapport. (apic/kpr/mp)
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