L’EDUCATION POPULAIRE EN AMERIQUE LATINE… ENI-95-0004çF (b)
De plus, l’éducation populaire promeut et soutient l’organisation et pousse
à la participation des individus dans la vie politique sociale et syndicale
pour qúils « avancent dans la construction d’une société o# leurs intérêts
seront pris en compte ». Dans une tentative de bilan des tâches éducatives
sur le continent durant l’année qui vient de prendre fin, Fernando Cardenal
relève la décision du CEAAL, lors de sa troisième Assemblée générale tenue
fin avril, de relancer l’éducation populaire, en stimulant un processus de
réflexion avec les organismes membres du CEAAL pour élaborer une nouvelle
plate-forme de travail. « Les résultats concrets ne vont pas tarder à se
concrétiser », souligne-t-il.
Pour le prêtre catholique, un aspect essentiel a été ratifié par cette
Assemblée générale. « Personne ne doute de l’importance du rôle actuel de
l’éducation populaire et de son utilité », même si l’on accepte la nécessité
de se renouveler et d’affronter avec créativité les nouveaux défis que
posent les grands changements en marche en Amérique latine.
Au correspondant d’ENI qui lui demande si l’éducation populaire est pour
lui un engagement politique ou un service chrétien, Fernando Cardenal
apporte une réponse claire. Ce sont des aspects complémentaires d’une
volonté unique de service. « Je suis parvenu à la conclusion que le Dieu qui
appara#t dans la Bible n’est pas neutre face à la situation des pauvres. Il
prend parti et il le fait en faveur des pauvres. C’est le Dieu qui écoute
la clameur des opprimés, comme nous pouvons le voir dans le livre de
l’Exode, dans les Prophètes et finalement au travers de Jésus tel que le
présentent les Evangiles. »
De l’expérience humaine et de la réflexion religieuse – poursuit F.
Cardenal – surgit un seul engagement en faveur des pauvres. Et l’éducation
populaire a été « l’instrument adéquat que j’ai trouvé pour rendre cet
engagement efficace ».
Cette idée trouve sa substance dans la phrase: « La politique est la forme
la plus noble et la plus efficace d’exercer la charité », incluse dans les
conclusions de la deuxième Assemblée générale de l’épiscopat
latino-américain (Medellin 1968). « En résumé, je peux dire que la réalité
de notre continent et ma foi chrétienne m’ont conduit à l’engagement social
et ensuite à l’engagement politique révolutionnaire. »
Derrière sa réflexion, se trouve un défi clair pour le futur: améliorer la
qualité de l’éducation populaire. Ceci exige, poursuit-il, une
revalorisation permanente des objectifs et des méthodes. Il cite pour
exemple le compte rendu des réalisations de l’organisation non
gouvernementale qúil préside à Managua. « Nous avons adopté une nouvelle
méthode centrée sur la problématique de la santé et du milieu ambiant et
nous tentons de nous interroger sur les échecs des programmes de
développement économique que connaissent de nombreux projets en Amérique
latine. » La synthèse, bien que dure, est aussi indispensable que simple:
« On recherche le développement économique sans intégrer le développement
humain, sans étendre l’éducation aux acteurs du développement. » (927 mots)
T
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