A 93 ans, Juozas Jakavonis, surnommé Tigras – Tigre – a revêtu son uniforme de membre des Combattants de la Liberté, désormais un peu trop grand pour lui. Médailles sur la poitrine, le pas ferme, un œil aveugle, l’autre alerte, il est le dernier survivant de cette unité d’hommes qui ont lutté contre le régime soviétique entre 1944 et 1953. Au total, plus de 20.000 personnes organisées en différents groupes ont été tuées dans ces combats contre l’envahisseur soviétique.
Beaucoup sont morts dans les combats, explique-t-il, mais certains ont été tués dans les cellules de ce qui est désormais le Musée de l’oppression des luttes pour la liberté. Lui-même est resté emprisonné trois mois dans ce bâtiment du KGB. A travers les murs des cellules, se souvient-il, les prisonniers communiquaient grâce au langage morse. Notamment sur les exécutions. Hommes, femmes et enfants sont morts dans ces murs.
Après l’indépendance au début des années 1990, c’est ›Tigras’ qui va révéler l’existence de fosses communes où ont été enterrées à la hâte des dizaines de ses compagnons d’arme. L’histoire avait en effet été passée sous silence et toute trace effacée pendant les années 1960. «Je suis très touché de la venue du pape, reconnaît-il. En venant ici, il me rend visite, mais surtout à ceux qui sont morts ici».
Au total, 1.308 personnes ont été exécutées dans ce qui est devenu le Musée des occupations et des combats pour la liberté. Lors de sa visite le pape François a laissé un mot dans le livre d’or, rédigé en anglais : «Dans cet endroit qui commémore les nombreuses personnes qui ont souffert de la violence et de la haine et qui ont sacrifié leur vie pour la liberté et la justice, j’ai prié le Dieu Tout-Puissant qu’Il confère toujours les dons de réconciliation et de paix au peuple lituanien». (cath.ch/imedia/xln/mp)
Maurice Page
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