sur l’affaire Gaillot et sur les divorcés remariés

Liège: déclarations du conseil presbytéral

Liège, 27 février 1995 (CIP)

« L’affaire Gaillot » a occupé la plus grande partie de la dernière réunion

du conseil presbytéral de Liège, qui a eu lieu le 24 février au monastère

de Wavreumont, au terme de laquelle ses membres ont adopté une déclaration.

Le conseil presbytéral, qui réunit les représentants du clergé du diocèse,

a adopté une seconde déclaration, au sujet cette fois des divorcés

remariés.

Dans un premier temps, Mgr Houssiau, interpellé à propos d’une lettre sur

cette affaire qúil a adressée aux prêtres et aux diacres, a explicité sa

démarche.

Dans ce message, l’évêque dit partager la souffrance de ceux qui ont été

blessés par la décision concernant Mgr Gaillot, mais celle aussi de fidèles

« atteints, suite à certaines déclarations, dans leur amour de l’Eglise et

dans leur confiance envers leurs pasteurs ». Après avoir dit sa solidarité

avec l’épiscopat français, il invite à « dépasser nos aveuglements et nos

petitesses » pour « aborder avec rigueur intellectuelle et fidélité

théologique les questions fondamentales et actuelles sur la vocation

chrétienne et la communauté ecclésiale », sans quoi « nous risquerions de

tomber dans un pragmatisme incohérent ou dans un intégrisme, sans esprit de

finesse ».

Une chance, un enjeu Après son intervention, Mgr Houssiau a invité les

membres du conseil à s’exprimer. Au terme des échanges en carrefours et en

plénum, ceux-ci ont adopté une déclaration. Ils relèvent le désir des

chrétiens « d’être écoutés et entendus en ce qui concerne la vie de

l’Eglise, ses options et son rapport au monde ». Pour le conseil, le

mouvement suscité par l’affaire Gaillot « peut être une chance pour la

communauté chrétienne. Il est aussi un enjeu. Pasteurs et laïcs,

saurons-nous construire l’Eglise ensemble ? »

Le conseil s’inquiète de « l’écart entre ce que les gens attendent de nous

et ce que nous leur offrons »: « A la lumière de cet événement, dit-il, nous

devons nous interroger sur notre présence au monde, sur notre accueil de la

modernité et sur notre capacité de comprendre ce que vivent les gens. Nous

devons chercher à nous intéresser à ce que vivent les gens plutôt que

chercher à les intéresser à ce que nous décidons. »

Aux yeux du conseil presbytéral, d’autres enjeux sont apparus, notamment

quant au fonctionnement de l’autorité dans l’Eglise, à l’équilibre à tenir

entre « prophétisme » et « communion », à la façon de vivre « une unité vécue

dans la diversité et le dialogue plutôt que dans l’uniformité et le

silence ». Face à cet événement, comment, interroge le conseil, « nous

convertissons-nous pour vivre ce que nous attendons de l’Eglise ? Car

l’Eglise, c’est nous aussi »

D

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